La situation de la France vue du Liban

Écrire sur la France depuis le Liban devient un exercice de plus en plus périlleux. Il faut d'abord éviter les deux principaux écueils.

Éviter le prisme libanais

Le premier consiste à regarder l'Hexagone à travers un prisme exclusivement libanais. Voir dans les crises qui se sont succédé en France au fil des années la conséquence directe d'un état que certains ont qualifié de « libanisation », qui se manifeste par l'affirmation du communautarisme, la désintégration de l'État et une incapacité à gouverner.

Comparer les situations

S'il peut exister des aspects de « libanisation », cela ne permet pas de comprendre, selon nous, ce qui est actuellement en jeu en France. Le second écueil consiste à comparer nos deux situations et à conclure que les Français sont des enfants gâtés qui ne mesurent pas la chance qu'ils ont de disposer d'un État-providence, malgré ses dysfonctionnements, et de vivre en paix.

Une nouvelle grammaire de la politique française

Cet écueil est d'autant plus difficile à éviter que l'émergence d'une nouvelle grammaire pour décrire la situation française, tant du côté du pouvoir que de l'opposition, suffit à laisser stupéfait quiconque a déjà vécu de l'autre côté de la Méditerranée. Lorsqu'on parle de « guerre civile » ou d'« État policier », voire qu'on remet en question le fait de vivre dans une démocratie, aussi anormale soit-elle, il est difficile de trouver un cadre approprié à de tels propos.

L'histoire et le rôle de L'Orient

Quotidien francophone libanais né en 1971 de la fusion de L'Orient et de Le Jour, il est l'un des journaux en langue étrangère les plus lus du pays et au sein de la diaspora libanaise, en particulier francophone. Souverainiste et défenseur des libertés, notamment pendant la période de la tutelle syrienne (1990-2005), il a longtemps été perçu comme le journal de l'élite chrétienne de droite.

La transformation de L'Orient

Mais il s'est repositionné au cours des quinze dernières années, en renouvelant son équipe éditoriale et en lançant une version anglaise de son site internet, intitulée L'Orient Today. Il reste aujourd'hui l'un des journaux les plus opposés à l'influence croissante du Hezbollah, le parti armé chiite soutenu par l'Iran.