Le Premier ministre français annule une réunion en raison de coupes budgétaires, suscitant critiques et protestations des responsables départementaux.
Annulation d'un événement prévu
Le Premier ministre français Sébastien Lecornu a annulé sa venue prévue aux Assemblées départementales de France, où il devait répondre aux inquiétudes suscitées par une baisse proposée de 1,8 milliard d'euros pour les départements dans le projet de loi de finances 2027. Cette décision intervient dans un contexte de tensions persistantes entre le gouvernement et les élus locaux.Raison invoquée pour cette absence
Lecornu a justifié son absence par la nécessité de gérer les mobilisations des lycéens et un éventuel regain du mouvement des gilets jaunes, un mouvement de protestation national né en 2018. Il a proposé aux présidents de département de le rencontrer à Matignon, la résidence officielle du Premier ministre, le 16 novembre, afin d'examiner leurs préoccupations.Critiques des responsables départementaux
La décision d'annuler cette venue a été critiquée par les présidents de département, dont François Sauvadet, président de Départements de France. M. Sauvadet l'a qualifiée d'« erreur politique » et a averti que ce report « exacerberait les tensions » entre le gouvernement et les collectivités locales.Une tentative de dialogue infructueuse
Une lettre de Sébastien Lecornu adressée aux présidents de département n'a pas apaisé les inquiétudes. M. Sauvadet a affirmé que cette lettre « a exacerbé les tensions ». Il a également souligné qu'il n'avait eu aucun contact direct avec le Premier ministre depuis juillet, un signe, selon lui, d'un manque de communication de la part du gouvernement.Critiques des propositions budgétaires
M. Sauvadet a critiqué les coupes budgétaires proposées, notamment la réduction du fonds de sauvegarde destiné à 57 départements, qui passerait de 600 à 100 millions d'euros. Il a aussi relevé la charge financière croissante pesant sur les collectivités locales à travers la contribution progressive des collectivités territoriales à l'effort budgétaire (CPEB), qui atteint 551 millions d'euros pour les départements.Appels à l'action du gouvernement
M. Sauvadet a demandé au gouvernement de renoncer à ce qu'il appelle « cette super-ponction sur nos ressources » et réclame une hausse de la participation de l'État au financement des allocations de solidarité individuelle, qu'il s'agisse du handicap, du RSA, de l'APA ou des personnes âgées. Il a également interrogé le gouvernement sur les économies réalisées dans le fonctionnement de l'appareil d'État français au cours des deux dernières années.