Les agents d'IA exigent de nouveaux cadres d'identité, les systèmes IAM traditionnels étant insuffisants. Google et d'autres poussent pour des identités uniques d'agents et des contrôles d'accès plus stricts.
Les agents d'IA nécessitent de nouveaux systèmes d'identité
Les agents d'IA, c'est-à-dire des programmes logiciels capables d'agir de manière autonome, ont besoin de systèmes d'identité différents de ceux des comptes de service traditionnels. Ces agents fonctionnent à partir de modèles et d'instructions, ce qui les rend inadaptés aux modèles d'accès fixes et étendus utilisés par les outils existants de gestion des identités et des accès (IAM).Les outils IAM existants ne conviennent pas à l'IA
Lors d'une table ronde à Toulouse, le 29 septembre 2026, des experts ont souligné que les systèmes IAM actuels sont conçus pour les comptes humains et les comptes de service, et non pour les agents d'IA. Ces systèmes supposent une succession fixe d'opérations et des identités de longue durée, ce qui ne correspond pas aux agents d'IA, qui peuvent agir de façon dynamique et indépendante.Google introduit de nouvelles exigences pour les agents d'IA
Le 12 octobre 2026, Google a annoncé que les agents d'IA accédant à ses Workspace devront être déclarés. L'entreprise ouvrira prochainement des serveurs permettant aux agents d'IA d'interagir avec Gmail, Drive et Agenda. Pour s'y préparer, Google a ajouté une nouvelle case à cocher dans sa console, intitulée « utiliser ce client pour un agent alimenté par l'IA ».De nouveaux serveurs imposent la déclaration des accès des agents
À partir du 11 novembre 2026, les nouveaux serveurs de Google rejetteront tout accès qui n'est pas déclaré comme accès d'agent. Cette mesure vise à distinguer le trafic des agents de celui des applications classiques et à appliquer des contrôles d'accès spécifiques aux agents d'IA, sans affecter l'accès des utilisateurs humains.Les agents d'IA peuvent servir plusieurs utilisateurs et exigent des identités traçables
Selon la table ronde, les agents d'IA peuvent survivre à leur session initiale et servir plusieurs utilisateurs, ce qui affaiblit leur lien avec un collaborateur unique. Cela impose des identités traçables et révocables pour chaque étape de la chaîne de délégation, que les systèmes IAM actuels ne parviennent souvent pas à suivre.Les entreprises doivent identifier qui a effectué les actions
L'annonce de Google souligne la nécessité, pour les entreprises, de savoir clairement si une action a été réalisée par un humain ou par un agent d'IA. La plupart des entreprises laissent actuellement les agents fonctionner avec les comptes des employés, sans supervision formelle, comme le relève une étude de Microsoft et LinkedIn sur l'usage de l'IA au travail.L'OWASP et les réglementations européennes abordent les risques liés aux agents d'IA
Le Top 10 OWASP 2026 pour les applications agentiques classe l'abus d'identité et de privilèges parmi les risques majeurs. Par ailleurs, les réglementations européennes telles que DORA et NIS 2, qui portent sur la résilience numérique et la cybersécurité, pourraient également s'appliquer aux agents d'IA, bien qu'elles ne les mentionnent pas explicitement.Calendriers réglementaires et lignes directrices sectorielles se précisent
L'omnibus numérique de l'UE sur l'IA a repoussé l'application de son règlement sur l'IA pour les systèmes à haut risque au 2 décembre 2027. À Singapour, l'Autorité monétaire (MAS) a publié des lignes directrices sur la gestion des risques liés à l'IA, et prévoit des lignes directrices spécifiques aux agents en 2027. Les grands fournisseurs de modèles ont introduit des fonctions liées aux agents, mais les identités cryptographiques uniques pour les agents restent en cours de développement.Les agents d'IA ont besoin d'identités cryptographiques uniques
Chaque agent d'IA requiert sa propre identité cryptographique, qui ne doit jamais être partagée. Ces identités doivent être journalisées tout au long de leur cycle de vie, de l'enregistrement à la révocation. Les clés doivent être renouvelées régulièrement, et la révocation doit intervenir en quelques minutes, et non en plusieurs jours.Cinq actions recommandées pour gérer les agents d'IA
Les experts recommandent cinq étapes : inventorier tous les agents, remplacer les clés d'API partagées par des identifiants uniques, attribuer les identités des agents à une personne responsable, intégrer ces identités aux systèmes IAM existants, et inclure la communication entre agents dans les efforts de migration post-quantique.Les premières étapes passent par la collaboration avec les DSI et les directions métiers
La table ronde a suggéré de commencer par une demande écrite adressée au DSI et aux directions métiers, afin d'identifier tous les agents connus, leurs propriétaires, leurs droits d'accès et leurs procédures de révocation. Cette démarche permet d'établir une liste claire des agents en usage.Les entreprises doivent poser des questions essentielles sur les agents d'IA
L'annonce de Google encourage également les entreprises à poser trois questions clés : chaque agent a-t-il un nom unique, qui lui a accordé l'accès et pour combien de temps, et peut-on examiner ses actions. Sans réponses claires, les entreprises risquent d'avoir du mal à réagir aux incidents impliquant des actions générées par l'IA.