Une nouvelle plainte collective sera déposée auprès du parquet de Paris pour étayer une enquête en cours sur d’éventuelles défaillances ou omissions ayant pu contribuer à un scandale impliquant des violences sexuelles dans des structures d’accueil périscolaire. C’est ce qu’a annoncé, samedi 10 octobre, le groupe de plaignants. Une vingtaine de familles, dont les enfants ont fréquenté ces structures aux écoles Saint-Dominique (7e arrondissement) et Volontaires (15e arrondissement) en 2025 et 2026, sont parties prenantes de cette plainte. Selon leur avocat, Me Louis Cailliez, ces familles cherchent à faire rendre des comptes aux responsables pour les préjudices subis par leurs enfants. Leurs enfants ont soit été victimes de membres du personnel périscolaire actuellement mis en cause pour viol et agressions sexuelles à l’école Saint-Dominique, soit ont été exposés à des risques en raison des agissements de ces mêmes personnes. Cette nouvelle plainte, à déposer lundi, vise plusieurs infractions, dont la mise en danger d’autrui, la non-assistance à personne en danger, l’omission délibérée de prévenir un crime, le faux témoignage et la non-dénonciation de maltraitances ou d’agressions sexuelles. Elle s’attaque notamment aux déclarations de l’ancienne maire Anne Hidalgo devant le Sénat à la mi-septembre. Cette plainte viendra s’ajouter à une enquête déjà ouverte début septembre par la procureure de Paris Laure Beccuau, qui vise le maire actuel Emmanuel Grégoire et son prédécesseur Anne Hidalgo, en fonction de 2014 à 2026. D’autres plaintes collectives ont déjà alimenté cette enquête. La nouvelle plainte désigne 14 personnes, dont Emmanuel Grégoire, Anne Hidalgo et Patrick Bloche, premier adjoint de celle-ci de 2024 à 2026. Plusieurs responsables de la Direction des affaires scolaires (Dasco) de la ville et de l’inspection académique des 7e et 15e arrondissements sont également mis en cause. Depuis le début de l’année 2026, 195 agents périscolaires ont été suspendus, dont 74 pour suspicion de violences sexuelles sur mineurs. Sur le plan pénal, plus de 230 enquêtes sont en cours dans des écoles et crèches de la capitale. Le maire a annoncé un plan d’action de 20 millions d’euros pour faire face, selon ses termes, à des abus « systémiques ». Lors de l’annonce de l’enquête en septembre, l’équipe du maire avait indiqué que « la Ville et ses services se tiennent à la disposition » de la justice. L’avocat d’Anne Hidalgo, Me Patrick Klugman, a assuré que sa cliente « apportera toute l’assistance nécessaire » aux enquêtes, tout en démentant toute faute pouvant lui être imputée. Me Louis Cailliez a souligné que la reconnaissance de défaillances institutionnelles par l’ancienne maire ne saurait exonérer les responsables de leurs éventuelles responsabilités pénales. « On ne parle pas de négligences sans conséquences, mais de viols d’enfants en bas âge qui auraient pu être évités », a-t-il déclaré. Cette affaire met en lumière de graves questions concernant la sécurité et le contrôle des structures périscolaires à Paris, ainsi que les responsabilités légales et administratives des élus municipaux.