Le leader de la CGT critique le projet de budget

Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, a critiqué le projet de budget du gouvernement français, affirmant qu'il « sacrifie la jeunesse » et ne répond pas à la hausse des inégalités. Intervenant sur LCI lundi 12 octobre, Mme Binet a appelé à « modifier profondément » le projet de budget du gouvernement, estimant que des « annonces cosmétiques » ne suffiraient pas à répondre à l'ampleur de la colère sociale.

Le gouvernement présentera le budget dans un climat tendu

Le gouvernement doit présenter le budget mardi 13 octobre à l'Assemblée nationale, dans un contexte social très tendu en France. La semaine dernière, le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a promis d'ajouter 3 000 postes de remplaçants d'enseignants dans les classes, tandis que le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a assuré qu'il y aurait « de la place » pour des mesures d'urgence dans le budget 2027, à condition que l'objectif de déficit public de 5 % ne soit pas dépassé.

Les détails du budget de l'éducation

Selon Mme Binet, le budget prévoit la suppression de 1 588 postes d'enseignants, une baisse de 200 millions d'euros pour les universités et l'enseignement supérieur, ainsi que le gel des aides personnalisées au logement (APL) et des bourses étudiantes pendant quatre ans. Le budget de l'éducation doit passer de 89,6 à 90,9 milliards d'euros, soit une hausse de 1,4 %, mais plus de 40 % de cette augmentation s'explique par la progression mécanique des carrières des personnels, et 20 % par la mise en place d'une nouvelle complémentaire santé et retraite pour les personnels.

Des évolutions contrastées en matière d'effectifs et d'accompagnement

Le budget prévoit également la création de 1 300 accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH), de 304 postes sociaux et médicaux, et de 200 postes de conseillers principaux d'éducation (CPE). Il supprime toutefois 1 588 postes d'enseignants, dont 836 dans les collèges et lycées publics. Mme Binet soutient la mobilisation des étudiants et appelle à la grève et à des manifestations pour l'ensemble des enseignants du second degré et de l'enseignement supérieur, ainsi qu'au soutien des salariés qui se mettront en grève.

Appels à une redistribution des richesses

Mme Binet reproche au budget de ne demander « aucun effort juste » aux contribuables, estimant que l'argent devrait être prélevé sur les milliardaires, les grandes entreprises et les rentiers, qui n'ont jamais été aussi riches. Elle souligne que 13 % des Français souffrent de la faim, et qu'un quart des 18-25 ans n'ont pas assez à manger, alors qu'il n'y a jamais eu autant de milliardaires, toujours plus riches.

Débat sur les propositions concernant les retraites et l'impôt

Elle réclame également la suppression de la sous-indexation des pensions de retraite à partir de 1 265 euros par mois, ce qui permettrait d'économiser 4,1 milliards d'euros dans le budget de l'État. Selon Bercy, cette mesure pourrait être complétée par d'autres dispositions sur les retraites. Mme Binet fait toutefois remarquer que 5 milliards d'euros correspondent précisément au rendement de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF), supprimé en 2018.

Une taxe sur les très grandes fortunes remise en question

La taxe Zucman sur les très hautes fortunes, qui consisterait à taxer à 2 % les patrimoines supérieurs à 100 millions d'euros, rapporterait « 20 milliards d'euros », selon Mme Binet. Pourtant, dans une tribune publiée en septembre 2025 dans Le Monde, sept économistes, dont Philippe Aghion et Christian Gollier, ont jugé surestimée l'évaluation de Gabriel Zucman, estimant les recettes de l'ordre de 5 milliards d'euros.

Appel à l'indexation des salaires

Mme Binet demande également que tous les salaires soient indexés sur les prix afin de cesser de perdre du pouvoir d'achat, affirmant : « On ne vit pas aujourd'hui avec le SMIC, encore moins quand on est une femme. »