Le vendredi 9 octobre, l’Assemblée nationale a été le théâtre d’émotions fortes alors que les députés parvenaient à un accord sur plusieurs dispositions clés. Ces mesures, attendues depuis longtemps et sans grande controverse, ont été adoptées à l’unanimité. Elles portent sur des questions de santé et ne nécessitent pas de financement supplémentaire, car elles s’inscrivent dans le cadre d’un projet de loi visant à lutter contre les violences sexuelles et sexistes envers les femmes et les enfants. Ce projet de loi est en discussion à l’Assemblée nationale depuis le 1er octobre. Il prévoit notamment la criminalisation des violences obstétricales et gynécologiques, un terme désignant les pratiques néfastes exercées par des professionnels de santé lors d’accouchements ou d’examens gynécologiques. Le texte propose aussi la suspension des licences des professionnels de santé accusés de telles violences, afin d’empêcher qu’ils ne continuent à exercer pendant les enquêtes en cours. Ce projet de loi représente une avancée significative dans la lutte contre un problème de longue date, reflétant les efforts des défenseurs et militants qui ont milité pour des protections juridiques en faveur des victimes. Toutefois, il a été critiqué pour ne pas offrir un soutien suffisant à ces dernières. Les parcours de soins – les étapes destinées à accompagner les victimes – restent peu développés en raison d’un manque de moyens concrets et d’un champ d’application limité dans les mesures proposées. Si cette loi constitue une étape importante, des doutes persistent quant à son efficacité dans la pratique. Les défenseurs estiment que, sans financement adéquat ni procédures claires pour soutenir les victimes, le texte pourrait ne pas atteindre pleinement ses objectifs. Le débat met en lumière les défis persistants liés à la lutte contre les violences sexuelles et sexistes à travers les cadres juridiques et politiques.