François de Canson, maire de La Londe-les-Maures et troisième vice-président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, devrait être élu président de la région ce lundi 12 octobre, à Marseille. Soutenu par Renaud Muselier, récemment devenu sénateur, de Canson souhaite poursuivre son action tout en maintenant l’unité de la majorité régionale. Les conseillers régionaux sont convoqués à 10 heures au siège de la région, à Marseille, pour élire le successeur de Muselier, qui a démissionné plus tôt dans l’année. Christian Estrosi, premier vice-président, assure l’intérim à la tête de l’exécutif depuis le départ du président sortant. Sauf surprise au sein de la majorité, le scrutin devrait entériner le choix de de Canson, plébiscité depuis des mois par l’ancien président. Le 28 septembre, Muselier a réaffirmé son soutien à de Canson, saluant « son expérience et sa connaissance du territoire ». Son élection reste cependant soumise à l’approbation de l’assemblée. Âgé de 61 ans, François de Canson est profondément ancré dans le Var. Il est maire de La Londe-les-Maures depuis 2008 et issu d’une famille étroitement liée à cette commune côtière. Son grand-oncle, François de Leusse, a dirigé la ville de 1947 à 1971, et son père, Philippe de Canson, de 1971 à 1995. Ce dernier fut également député et conseiller général. Avant de se lancer en politique, de Canson a travaillé dans le secteur privé. Diplômé d’un DESS en gestion des entreprises de l’IAE d’Aix-en-Provence, il a occupé des responsabilités à Hong Kong pour le groupe textile Zannier. De retour dans le Var, il s’est investi dans les activités familiales, notamment dans l’hôtellerie de plein air et l’agriculture. Réélu maire en mars dernier, il préside aussi la communauté d’agglomération Méditerranée Porte des Maures. Ses nouvelles fonctions régionales l’obligeraient à démissionner de son mandat municipal, les deux postes étant incompatibles. Depuis 2015, de Canson est conseiller régional et troisième vice-président depuis 2021, chargé du développement économique, de l’attractivité, du tourisme et de la prévention des risques majeurs. Il préside également le Comité régional du tourisme, un poste qu’il occupe depuis 2018. Son engagement en faveur du tourisme l’a conduit à diriger ADN Tourisme, la fédération nationale des organismes institutionnels du tourisme, de 2022 à 2024. Il en est désormais le vice-président. Dans un entretien d’avril, il a plaidé pour une répartition plus équilibrée des visiteurs tout au long de l’année et pour le développement des liaisons ferroviaires. Il a également souligné l’augmentation du budget régional alloué au tourisme, passé de 18 à 21 milliards d’euros en dix ans. Sur le plan politique, de Canson a appartenu à plusieurs formations, dont le RPR, l’UMP et Les Républicains. Il a quitté LR (Les Républicains) en mars 2022 et annoncé son intention de soutenir Emmanuel Macron, tout en restant ancré à droite. Au sein de la majorité régionale, il défend l’unité entre la droite et le centre, s’opposant au Rassemblement national. « Je n’ai cessé de rassembler, dans un esprit collectif », a-t-il expliqué, insistant sur la nécessité de maintenir l’unité de son camp lors de cette transition. S’il entend poursuivre l’action de son prédécesseur, de Canson souhaite aussi imprimer sa marque à la présidence. Cette passation devrait permettre à la majorité de se préparer en vue des prochaines élections régionales, prévues en 2028. Outre l’élection du nouveau président, la réunion de ce lundi 12 octobre permettra également de renouveler la commission permanente et les vice-présidences. Les conseillers régionaux élus en 2021 restent en place, et le public n’est donc pas appelé aux urnes. Le nouveau président prendra la tête de la région pour la fin du mandat. Renaud Muselier conservera quant à lui son siège de conseiller régional. En annonçant son départ, il avait indiqué vouloir continuer à suivre les dossiers des fonds européens, des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2030 ainsi que les enjeux des Bouches-du-Rhône.