Réformes du secteur de la santé approuvées

Le gouvernement de Tahiti a approuvé de nouvelles réformes visant à améliorer la situation des agents non titulaires du secteur public, en particulier dans le secteur de la santé. Les changements ont été adoptés par 52 voix et visent à remédier aux pénuries de personnel et à l'instabilité dans les hôpitaux et les dispensaires.

Les réformes prévoient des contrats prolongés

Les réformes allongent la durée de certains contrats des agents non titulaires, de trois à cinq ans, et de huit à douze ans pour les spécialistes dans les domaines très demandés. L'objectif est de retenir les professionnels qualifiés, en particulier dans le domaine médical, en réduisant la fréquence des recrutements et en offrant davantage de sécurité de l'emploi.

Appels à de meilleures conditions de travail

Ces changements interviennent alors que 71 jeunes médecins polynésiens réclament de meilleures conditions pour revenir travailler à Tahiti. Dans le même temps, le syndicat CSTP-FO a déposé un préavis de grève, contestant les réformes et soulignant les inquiétudes concernant le statut des personnels hospitaliers.

Les réformes visent à combler les manques en personnel

Selon Pauline Niva, de A Fano Ti'a, plus de 2 000 personnes travaillent sous statut dans le Territoire, dont environ 1 700 en poste permanent. Dans le secteur de la santé, plus de six postes médicaux sur dix sont occupés par des contractuels. Les réformes prévoient également la prise en charge des frais de déménagement pour les agents affectés dans différentes parties de l'archipel.

Critiques sur les contrats de longue durée

Teave Chaumette, critique des réformes, a averti que l'allongement des contrats jusqu'à douze ans ne créerait pas la stabilité nécessaire au système hospitalier. Elle a plaidé pour une priorité donnée à la formation des jeunes Polynésiens et au recrutement de spécialistes étrangers, plutôt que pour le recours à des contrats prolongés.

Inquiétudes concernant les difficultés de recrutement

Nicole Sanquer, du syndicat Ahip, a souligné que le dernier concours pour les postes de la fonction publique hospitalière n'avait attiré que 22 candidats pour 57 postes à pourvoir. Elle a estimé que l'allongement des contrats ne réglerait peut-être pas le manque d'attractivité du secteur et a critiqué la proposition de recruter sous contrat, pour une durée pouvant aller jusqu'à cinq ans, des agents de catégorie D, ce qui pourrait nuire à la transparence.

Le gouvernement reconnaît les critiques

Vannina Crolas, ministre de la Fonction publique, a reconnu les critiques tout en insistant sur la nécessité de remédier aux retards dans les procédures de recrutement, tout en garantissant la continuité du service. Elle a relevé les contraintes budgétaires : les 2,5 milliards alloués pour 300 agents laisseraient des fonds limités pour les 8 000 autres agents de la fonction publique.

Les réformes introduisent de nouvelles garanties

Les réformes instaurent des contrats plus longs, des périodes d'essai prolongées, une meilleure prise en charge des frais et une rémunération encadrée pour les agents non titulaires. Toutefois, l'obligation de notifier les agents deux mois avant le renouvellement de leur contrat a été supprimée. La liste des métiers concernés sera déterminée par le conseil des ministres.