Séoul, nouvelle Paris des étudiants ?

Séoul, la capitale de la Corée du Sud, est considérée comme une éventuelle « nouvelle Paris » pour les étudiants internationaux, selon le Financial Times. La ville est décrite comme un melting-pot intellectuel où les étudiants peuvent vivre librement et à un coût relativement modeste, ce qui la rapproche de Paris en raison de son attrait culturel et éducatif.

Un changement dans les destinations privilégiées

Cette tendance s'inscrit dans un mouvement plus large : des villes comme Lisbonne et Prague gagnent elles aussi en popularité auprès des étudiants internationaux, au détriment relatif des grandes destinations traditionnelles. L'attrait de Lisbonne tient à son climat et à son faible coût de la vie, tandis que Prague est appréciée pour ses universités, son accessibilité et ses logements abordables.

Évolutions technologiques et politiques

Le Financial Times souligne que les réseaux sociaux et le développement d'applications performantes et interactives de cartographie, d'hébergement et de traduction ont rendu plus accessibles des villes auparavant difficiles d'accès. À cela s'ajoutent la facilitation de l'obtention des visas étudiants et l'essor des programmes d'échange, comme le programme Erasmus +, dont le nombre annuel de participants a fortement augmenté au cours de la dernière décennie.

Les efforts de la Corée du Sud pour attirer les étudiants

La Corée du Sud, en particulier, a accompli des progrès importants pour attirer les étudiants internationaux. Le gouvernement sud-coréen a annoncé en 2023 un plan quinquennal visant à accueillir 300 000 étudiants internationaux d'ici 2027, dans le cadre du projet Study Korea 300K, principalement en assouplissant les conditions d'obtention des visas. Cet objectif aurait été atteint avant la date prévue.

L'attrait de Séoul pour les étudiants internationaux

Selon le Korea Times, l'attractivité de Séoul tient à sa culture, à des loyers étudiants modérés, à sa sécurité et à l'efficacité des démarches de la vie quotidienne. Une étudiante canadienne qui vit à Séoul depuis cinq ans évoque le désir de « découvrir un mode de vie complètement différent », tandis qu'une étudiante vietnamienne est attirée par la « coexistence entre tradition et technologie de pointe dans un même environnement éducatif ».

Les difficultés rencontrées par les étudiants internationaux

Le Korea Times évoque également des difficultés, notamment la « barrière de la langue » et le « manque d'outils d'apprentissage linguistique ». Certains étudiants relèvent que l'« accompagnement » reste « limité en matière d'intégration et de recherche de logement », une étudiante cambodgienne déclarant : « nous devons trouver nous-mêmes les informations dont nous avons besoin ». Pour certains étudiants français, le choc culturel est manifeste : environ 2 438 étudiants français se trouvaient en Corée du Sud à la fin du mois d'avril, soit une hausse d'environ 40 % par rapport à 2024.

Un objectif de fidélisation à long terme

Le gouvernement sud-coréen souhaite fidéliser ces étudiants à long terme, notamment pour qu'ils « travaillent » après leurs études, dans un contexte où il tente de « lutter contre le déclin démographique alarmant » du pays, avec un taux de fécondité de 0,80 en 2025. Actuellement, le gouvernement privilégie l'attraction d'étudiants étrangers en master dans les domaines de l'IA, des biotechnologies et de la robotique, des « secteurs stratégiques », plutôt que ceux « attirés par la K-pop ».

Un contrôle de la qualité des programmes destinés aux étudiants internationaux

Dans une logique de qualité d'intégration, le gouvernement prévoit d'empêcher, à partir de 2029, les universités qui ne répondent pas aux « critères éducatifs ou financiers » d'accueillir des étudiants internationaux, selon le quotidien économique Seoul Economic Daily. Cette mesure vise à garantir aux étudiants internationaux une expérience éducative de qualité et une meilleure intégration dans la communauté locale.