Un secteur confronté à des signaux d'alarme

Geoffroy Pelletier, directeur de la Sofia, s'inquiète de l'avenir du livre et de la lecture. Il souligne que de nombreux indicateurs du secteur sont au rouge, et que les inquiétudes s'étendent jusqu'en 2027.

Un événement à venir met en lumière les tensions

À l'approche des troisièmes États généraux des festivals et salons du livre, les 3 et 4 novembre 2026, Geoffroy Pelletier évoque les contradictions du secteur, revient sur les décisions budgétaires liées à l'action culturelle et souligne le recul de la lecture, qui pourrait s'aggraver dans les années à venir.

Baisse des financements pour les projets culturels

En 2025, la Sofia a alloué 4,2 millions d'euros à 347 projets culturels, soit une baisse de 30 % par rapport aux 6 millions d'euros consacrés à 409 projets en 2022. Ces fonds comprennent des aides aux festivals et aux salons, ainsi que d'autres actions de soutien à la création, à l'éducation artistique et culturelle et à la formation professionnelle.

Des financements qui dépendent de la copie privée

Ces ressources dépendent exclusivement de la rémunération pour copie privée, dont 25 % financent légalement l'action culturelle, même si leur évolution reste difficile à prévoir. Geoffroy Pelletier affirme que l'incertitude entourant cette rémunération explique les réserves à l'égard des accords pluriannuels.

Une préférence pour le financement annuel

La Sofia privilégie les décisions annuelles, qu'elle juge plus équitables lorsque les ressources disponibles fluctuent. Les soutiens sont généralement renouvelés dans 95 % des cas, sauf en période de crise, mais des réductions peuvent intervenir si les organisateurs ne font pas les efforts attendus, comme la rémunération des auteurs, la clarté des programmes ou le renouvellement des personnalités invitées.

Des délais de décision qui facilitent la planification

Les décisions sont communiquées quatre à cinq mois avant les événements, ce qui permet aux équipes de préparer leurs budgets. La Sofia s'intéresse également à certaines pratiques, comme l'utilisation d'affiches générées par intelligence artificielle pour les festivals du livre, qu'elle juge difficiles à défendre.

Des inquiétudes autour des livres d'occasion

Les grands événements recourent aussi à ces images, ce qui crée une contradiction pour des structures fondées sur la création et la défense des œuvres. Par ailleurs, la présence de stands de livres d'occasion à l'entrée des salons suscite des préoccupations, car elle pourrait porter atteinte aux droits des créateurs et aux intérêts financiers des éditeurs.

Une reprise après la crise

À la suite d'une crise budgétaire en 2023-2024, la Sofia avait suspendu l'acceptation de nouveaux événements dans son programme. Cette possibilité a depuis été rétablie, avec une sélection prudente. L'organisme soutient entre cinq et dix nouvelles actions par an, sans remplacer les aides existantes.

Un recul de la lecture dans toutes les catégories

La Sofia s'inquiète également de l'évolution du marché du livre et des pratiques de lecture, en constatant un recul qui touche toutes les générations et toutes les catégories sociales. Cette préoccupation est devenue un enjeu sociétal et de santé publique, dont se saisissent des universitaires, des psychiatres et des neuropsychologues, en France comme à l'étranger.

Un événement centré sur les enjeux clés

La troisième édition des États généraux vise à mieux documenter le rôle des festivals, en s'intéressant aux festivals jeunesse, à la non-fiction, à l'inclusion et aux relations avec les maisons d'édition. Une intervention de la neuropsychologue Sylvie Chokron portera sur les effets de la lecture sur le cerveau.

Une nouvelle étude présentée

L'événement présentera également les résultats d'une étude nationale menée par la Direction générale des médias et des industries culturelles à l'été 2026, qui prolonge les observations déjà réalisées par la Sofia.