Pierre Dumoussaud a officiellement entamé son rôle de directeur musical avec une production de Macbeth de Verdi à l’Opéra Normandie Rouen, mise en scène par Ambre Kahan. Il s’agit de la première réalisation lyrique de Kahan, dont la prochaine mise en scène, celle de Pinocchio de François-Bernard Boussaguet, est prévue pour novembre. Cette production est une coproduction avec l’Opéra de Bordeaux. Certains y voient un mélange d’idées issues de mises en scène antérieures, ce qui soulève des questions sur son originalité et sa cohérence globale. Les décors d’Anne-Sophie Grac présentent des catacombes lors des deux premiers actes, un choix qui rappelle le même cadre utilisé dans la production 2023 de Roméo et Juliette de Gounod sur la même scène. Au troisième acte, de gros rochers disposés en demi-cercle sont intégrés, évoquant les rochers du Ring mis en scène par Patrice Chéreau. Le décor inclut également une peinture de La Chute des Damnés de Rubens au centre, ainsi que des inscriptions dans un style rappelant l’araméen sur les rochers. Les costumes de Colombe Lauriot-Prévost, quant à eux, ne semblent pas avoir de lien évident avec les décors. Lady Macbeth porte une robe verte aux coutures apparentes, une tenue déjà vue dans d’autres productions. Son serviteur, qui apparaît comme un double, est placé devant des miroirs, en référence à la mise en scène de Hamlet par Krzysztof Warlikowski actuellement à l’affiche de l’Opéra Bastille. Macbeth et Banco portent des kilts écossais traditionnels, un choix en accord avec l’époque et le lieu du livret de l’opéra. Banco est montré avec une tête dans un sac au début de l’opéra, et à la fin, c’est la tête de Macbeth qui est ainsi présentée, une image déjà vue dans une production récente. Les sorcières sont représentées avec des miroirs sur le front, un symbole déjà utilisé dans une récente production de Semiramide de Rossini sur la même scène. La production inclut aussi des apparitions spectrales émergeant d’un tonneau, un moment qui pourrait évoquer la pièce Fin de partie de Samuel Beckett. Dumoussaud dirige l’orchestre, dont le volume était initialement trop fort avant d’être mieux équilibré par la suite. L’orchestre est capable de transmettre une énergie puissante, bien que certains instruments comme les cornets, le hautbois et la flûte n’aient pas toujours été distincts dans leurs duos. L’opéra est joué dans la version milanaise définitive en italien, incluant l’aria La luce langue ainsi que le ballet. Dumoussaud maintient un flux énergique plutôt que de ralentir les tempi, comme on pourrait s’y attendre d’après ses interprétations passées d’autres opéras.