La cyberviolence affecte la participation démocratique

Un nouveau rapport de Feminists Against Cyberbullying met en lumière la manière dont la cyberviolence affecte la capacité des personnes à participer aux espaces publics en ligne, avec des conséquences politiques importantes. L'organisation souligne que de telles violences influencent le débat démocratique en dissuadant les gens de s'exprimer ou de prendre part aux discussions.

Une enquête révèle une autocensure généralisée

Selon le rapport, 86 % des Français estiment que la cyberviolence pousse certains internautes à réduire leurs prises de parole, voire à quitter les espaces en ligne. Par ailleurs, 80 % pensent que la violence numérique peut rendre certaines opinions ou causes moins visibles dans le débat public.

Le rapport examine les perspectives liées au genre

Le rapport analyse la liberté d'expression en ligne sous l'angle du genre, en considérant la manière dont la cyberviolence touche différents groupes. Il examine les conséquences concrètes des campagnes de harcèlement en ligne, le rôle des plateformes de réseaux sociaux et la façon dont les pouvoirs publics encadrent ces espaces.

Préoccupations politiques et réglementaires

Dans des pays comme le Brésil et les États-Unis, des partis politiques demandent que des entreprises comme Meta rendent des comptes sur la manière dont elles gèrent le discours politique avant les élections. En France, le gouvernement a également envisagé de restreindre l'accès aux services numériques pendant les manifestations. Pour les utilisateurs ordinaires, toutefois, le problème se traduit souvent par une autocensure ou un retrait des espaces en ligne.

Des victimes qui réduisent leur présence en ligne

Le rapport indique que 46 % des Français ayant subi ou été témoins de cyberviolence affirment avoir cessé d'aborder certains sujets en ligne. D'autres ont réduit leur participation aux débats, publient moins souvent ou évitent totalement la prise de parole en public et l'exposition médiatique.

Appel à reconnaître la cyberviolence comme une menace pour la démocratie

À l'approche de l'élection présidentielle française, l'organisation exhorte les régulateurs à reconnaître la cyberviolence comme une atteinte à la participation démocratique. Une majorité de Français, 61 %, citent la lutte contre le cyberharcèlement comme la priorité absolue pour protéger la liberté d'expression.

Méthodologie et principaux résultats du rapport

Le rapport, dirigé par la chercheuse Natalia Briceño-Lagos, combine les résultats d'enquêtes menées auprès de 1 000 Français et de 500 femmes publiant régulièrement sur les réseaux sociaux. Il comprend également des entretiens avec des femmes et des organisations actives en ligne. Ses conclusions visent à mieux comprendre la manière dont la cyberviolence influence le débat public et la santé mentale.