Les films d'horreur récents suscitent l'attention

Des films d'horreur récents, comme Obsession de Curry Barker et Backrooms de Kane Persons, ont attiré une attention considérable pour leur succès au box-office malgré des budgets minimes. Obsession approche les 525 millions de dollars de recettes mondiales, tandis que Backrooms, avec Renate Reinsve, a dépassé les 400 millions. Ces films, qui évitent les éléments traditionnels de l'horreur comme les zombies ou les monstres, ont suscité des débats sur l'évolution du genre.

Les films d'horreur reflètent des peurs ancestrales

Selon Eric Libiot, journaliste et auteur de Écran noir : Les histoires vraies derrière les films d'horreur, le cinéma d'horreur a toujours exploité des peurs ancestrales comme la mort, la transformation et la violence sociale. Il souligne que des films comme La Mouche de David Cronenberg et Dracula abordent les thèmes de l'amour et de la transformation, tandis que Zombie de George A. Romero critique la société de consommation et que The Thing de John Carpenter reflète la paranoïa de l'ère du sida.

Les films d'horreur reflètent les enjeux sociaux

Victor Lamoussière, directeur du cinéma chez ESC Films, affirme que les films d'horreur ont toujours reflété les enjeux sociaux de leur époque. Il met en avant Obsession pour ses thèmes du consentement et de la violence domestique, et note que le genre s'est enrichi de nouveaux thèmes et de nouveaux réalisateurs, comme Julia Ducournau et Coralie Fargeat, qui utilisent l'horreur corporelle pour explorer les traumatismes intimes et corporels, en particulier ceux des femmes.

Le mouvement de l'horreur élevée

Morgan Bizet, journaliste à Chaos Reign, estime que le genre horrifique a connu un changement d'orientation, avec davantage de tension psychologique et d'esthétique artistique. Ce mouvement de « horreur élevée » compte des réalisateurs comme Jordan Peele, Ari Aster et Jane Schoenbrun. Si ce style de mise en scène existait déjà avec des cinéastes comme John Carpenter et Wes Craven, son ampleur et son influence ont augmenté, touchant des films grand public comme Évanouis et Resident Evil.

Une nouvelle vague d'horreur « cringe »

L'essor des plateformes et de la culture web a également donné naissance à une nouvelle vague de films d'horreur « cringe », comme Backrooms et Obsession, qui mêlent violence, malaise, humour et gore. Bizet rappelle toutefois que le gore a toujours été présent dans l'horreur, citant des films comme L'Éventreur de New York de Lucio Fulci et Cannibal Holocaust de Ruggero Deodato.

Les films d'horreur repoussent les limites

Malgré cette évolution, les films d'horreur continuent de repousser les limites et de mêler les genres plus que jamais. Mohamed Chabane et Théo Jourdain Rhodes, réalisateurs de Kraken, relèvent que le public est plus habitué aux contenus violents, ce qui oblige les cinéastes à en faire davantage pour l'effrayer. Ils notent également que de plus en plus de films sont interdits aux moins de 12 ans ou aux moins de 18 ans, comme Resident Evil et Évanouis, ou Terrifier 3 en 2024.

Le cinéma d'horreur, miroir de la société

Alors que le cinéma d'horreur continue d'évoluer, il demeure un miroir de la société, reflétant les enjeux et les peurs contemporains tout en conservant ses ressorts fondamentaux de suspense et de terreur.