Marie Dosé et Matthieu Bagard, deux avocats français représentant une vingtaine d’individus accusés d’être des djihadistes, se sont vu interdire l’entrée en Irak. Cette décision les empêche d’assister au début des procédures judiciaires à Bagdad ce lundi 5 octobre, qui marque le lancement des procès intentés contre leurs clients. Les deux avocats avaient prévu d’être présents pour l’ouverture de ces audiences, dont les chefs d’accusation devraient porter principalement sur des infractions liées au terrorisme et à d’autres crimes graves. Le gouvernement irakien a justifié cette interdiction par des motifs de sécurité. Cette mesure intervient dans un contexte de sensibilité accrue autour des affaires liées au terrorisme en Irak, où le système judiciaire s’efforce de faire face aux menaces passées et présentes contre la sécurité nationale. Les procès devraient concerner des personnes liées à des groupes extrémistes, et les autorités ont souligné l’importance de maintenir un contrôle strict sur le déroulement des procédures. Marie Dosé et Matthieu Bagard sont connus pour défendre des individus accusés d’appartenance à des organisations extrémistes, y compris des liens avec l’État islamique (Daech). Leur travail a suscité une attention particulière en France comme en Irak, certains critiques estimant que leur défense de ces personnes pourrait nuire aux efforts de lutte contre le terrorisme. D’autres, en revanche, insistent sur l’importance de garantir une représentation juridique à tous, quelles que soient les charges retenues. Cette interdiction a relancé le débat sur l’équilibre entre sécurité nationale et droits des avocats de la défense. Bien que le gouvernement irakien n’ait pas précisé les fondements juridiques de cette restriction, celle-ci s’inscrirait dans une démarche plus large visant à préserver l’intégrité des procédures judiciaires dans des affaires sensibles. Les avocats concernés tentent désormais de contester cette décision, sans qu’il soit encore établi s’ils pourront participer aux procès à distance ou par d’autres moyens.