Le regret de l'inaction, plutôt que l'échec

Des psychologues ont constaté que les gens regrettent souvent davantage leurs inactions que leurs échecs. Cette idée est au cœur de Histoires d'audace, un livre de Steves Doupeux dont la sortie est prévue en novembre 2026. L'ouvrage explore comment de petits choix du quotidien peuvent engendrer des regrets qui durent toute une vie, à partir de neuf histoires vraies de personnes confrontées à la peur et à l'adversité.

Le cabinet d'un hypnothérapeute et une leçon sur le regret

Dans le cabinet d'un hypnothérapeute breton, une femme de 86 ans prénommée Jeanne a raconté son histoire. Elle évoquait son chagrin, non pas pour son défunt mari, mais pour la vie qu'elle n'avait pas vécue. Jeanne rêvait d'aventure et de voyages lorsqu'elle était jeune fille, mais elle a choisi une voie faite de sécurité et de routine. Son regret ne tenait pas à un échec précis, mais à toute une vie d'occasions manquées.

Psychologie du regret et des occasions manquées

Des recherches menées en 1995 par les psychologues Thomas Gilovich et Victoria Medvec ont montré que les gens ont tendance à regretter leurs inactions davantage que leurs actions. Par exemple, laisser passer une chance de promotion peut provoquer un regret à long terme plus marqué que la perte d'une partie de poker. Cela suggère que les choix que nous évitons peuvent nous hanter davantage que ceux que nous faisons.

Instinct de survie et poids du silence

Steves Doupeux soutient que l'être humain est programmé pour survivre, et non nécessairement pour réussir. Il explique que prendre des risques peut ressembler à une épreuve de force, et que notre biologie peut nous empêcher de sortir de notre zone de confort. Le regret, affirme-t-il, se construit silencieusement à travers de petites décisions et de peurs non exprimées, dressant peu à peu un mur invisible.

Les données scientifiques sur le pouvoir du regret

Le psychologue Roy Baumeister et ses collègues ont établi, dans une étude de 2001, que les expériences négatives ont un impact psychologique plus fort que les expériences positives. Les individus privilégient souvent le fait d'éviter une mauvaise image de soi plutôt que de chercher à en construire une bonne. Cela explique pourquoi la peur et la prudence peuvent devenir des forces puissantes qui façonnent nos vies, même lorsqu'elles nous semblent limitantes.