Plus de 900 personnes se sont réunies à Saint-Pierre (La Réunion) contre Macron, la vie chère et l'extrême droite, portées par la jeunesse, avec manifestations spontanées et expressions culturelles.
Manifestation à Saint-Pierre
Le 17 octobre, près de 1 000 personnes se sont rassemblées à Saint-Pierre, à La Réunion, lors d'une manifestation portée en grande partie par des jeunes. L'événement mêlait colère sociale, revendications réunionnaises, opposition au gouvernement Macron et résistance à l'extrême droite.Mobilisation spontanée
La mobilisation a été largement spontanée, aucun syndicat local n'ayant appelé à l'événement. Toutefois, le site 17octobregiletjaune.net a mentionné des rassemblements à Saint-Denis, Saint-Benoît et Saint-Pierre.Une participation variable selon les lieux
À Saint-Benoît, une douzaine de personnes seulement étaient présentes le matin, distribuant des tracts. À Saint-Pierre, une matinée calme au marché a laissé place, vers 14 heures, à une foule de près de 500 personnes rassemblée au rond-point du McDonald's.Actions de protestation et réaction des forces de l'ordre
Les manifestants ont bloqué l'entrée de Jolifond, laissant passer certains véhicules toutes les dix minutes, mais une voiture de police a été bloquée sans exception. Un autre groupe s'est élancé sur le boulevard Banks, mais a été stoppé par des jeunes qui lançaient des pierres et mettaient le feu à une poubelle.Jeunesse et soutien local
Parmi les manifestants figuraient Noah* et Alexis*, deux étudiants de Saint-Paul, venus soutenir les lycéens des quartiers populaires. Un couple de Saint-Pierre a exprimé son espoir de voir autant de citoyens se mobiliser de leur propre initiative.Musique et symboles de la protestation
Le cortège était animé par une musique allant de la techno au maloya. Les manifestants scandaient des chansons comme une version techno de « La jeunesse emmerde le front national » de Bérurier Noir, Daniel Waro, ou Afrikindmada de Lindigo, et même La Marseillaise. Les manifestants brandissaient divers drapeaux, notamment des drapeaux pirates, palestiniens, français et ceux de La Réunion (les cinq couleurs et le Mahavéli).Principales revendications des manifestants
Les revendications portaient sur l'opposition au gouvernement Macron, au groupe Bernard Hayot, sur le coût de la vie élevé, la flambée des prix des carburants et la nécessité pour les jeunes Réunionnais de pouvoir rester sur l'île pour étudier. Armand*, un homme de 89 ans en fauteuil roulant, a rejoint le cortège avec l'aide de membres de sa famille, dénonçant le manque de moyens dans les hôpitaux.Voix de la manifestation
Une lycéenne a évoqué les difficultés liées aux études, notamment les réveils très matinaux et les longues journées. La fille de Nadia Saint-Omer a insisté sur la nécessité de reconnaître l'histoire et la culture réunionnaises. Une infirmière a expliqué la difficulté de joindre les deux bouts, après avoir quitté l'hôpital public en raison de revenus trop faibles.Fin de la manifestation
Le cortège s'est achevé calmement par un dernier arrêt devant la sous-préfecture de Saint-Pierre. Aucune information n'a été donnée sur l'avenir du mouvement, qui n'a pas actuellement l'ampleur du mouvement initial des Gilets jaunes.