Le photographe Irving Penn, célèbre pour son travail au sein du magazine Vogue et reconnu comme un maître de la photographie de mode, est à l’honneur dans deux expositions à Paris. La Maison européenne de la photographie (MEP) présente Penn & Fashion du 30 septembre 2026 au 17 janvier 2027, une rétrospective rassemblant ses tirages les plus marquants. Cet événement s’inscrit dans le cadre des célébrations du 30e anniversaire de la MEP, fondée en 1996 et qui commémore cette année le bicentenaire de la photographie. L’exposition met en lumière le lien entre Penn et la mode, soulignant son usage emblématique du noir et blanc et son influence sur l’histoire de la photographie de mode. Une salle du deuxième étage de la MEP porte d’ailleurs son nom, et l’institution conserve environ 109 œuvres de l’artiste, selon Pascal Hoël, commissaire de l’exposition et responsable des collections à la MEP.
Présentée pour la première fois en 2023 aux Franciscaines de Deauville, en partenariat avec la Penn Foundation – gérée par le fils du photographe –, l’exposition rassemble des œuvres issues des collections de la MEP ainsi que de la collection Erni, l’une des plus importantes au monde dédiées à la photographie de mode. Chronologique et répartie sur deux niveaux, elle débute en 1943, année où Penn est engagé par Alexander Liberman, directeur artistique influent de Vogue, pour réaliser des natures mortes pour le magazine. Ce contrat marque le début d’une collaboration de près de 60 ans avec Vogue, durant laquelle Penn impose sa griffe. En 1948, envoyé au Pérou par Vogue, il se prend de passion pour les vêtements traditionnels des Quechuas, qu’il photographie sur fond neutre, dans un studio improvisé baigné de lumière naturelle. Cette approche devient l’une des bases de son langage visuel, et il réalise à cette occasion plus de 3 000 clichés.
L’exposition met en avant les collaborations de Penn avec des créateurs tels que Christian Dior, Courrèges, John Galliano ou Issey Miyake. La sobriété de son approche met en valeur le caractère sculptural des créations de Miyake, comme en témoignent de magnifiques tirages au platine. Son objectif saisit l’esprit des époques, des silhouettes du New Look des années 1950 à l’essor du prêt-à-porter dans les années 1960, jusqu’à l’exubérance des années 1980. Il a immortalisé plusieurs générations de mannequins, dont son épouse, Lisa Fonssagrives, et Marisa Berenson.
En fin de carrière, Penn affine son goût pour la mode théâtrale, choisissant lui-même les modèles et les créateurs avec lesquels il travaille. Ses dernières images reflètent une quête expérimentale incessante, comme en témoignent ses photographies culinaires en couleur ou ses séries beauté saisissantes. Ces images, qualifiées de « stoppers » par Liberman, captent instantanément le regard. « Les images d’Irving Penn dépassent la mode. Elles sont devenues des icônes de la photographie », résume Pascal Hoël.
Parallèlement à l’exposition de la MEP, la Bourse de Commerce – Collection Pinault accueille Le monde selon Penn du 16 septembre 2026 au 10 janvier 2027, une rétrospective de 450 tirages retraçant l’ensemble de sa carrière. Cet automne parisien célèbre ainsi l’héritage d’Irving Penn à travers deux expositions.
Irving Penn : deux expositions parisiennes célèbrent sa photographie de mode
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