Lors de sa récente visite en France, le pape Léon XIV s’est adressé aux jeunes catholiques, les encourageant à tendre vers la sainteté et liant l’avenir de l’Église et de la France à cet idéal spirituel. Ce thème avait déjà été exploré par l’écrivain Georges Bernanos, dont l’ouvrage La France contre les robots mettait en garde contre les risques de déshumanisation de la société par la technologie. Le pape a fait référence à ce livre lors de son premier discours à l’Élysée, palais présidentiel parisien, et a relié son message à sa propre encyclique Magnifica Humanitas, qui met également en garde contre les dangers des forces déshumanisantes. Lors d’une veillée nocturne au Stade de France, le pape a improvisé en français devant un jeune public, leur déclarant : « Vous êtes les saints de la France ! » Cette affirmation faisait suite à une présentation retraçant « l’histoire sainte de la France » à travers ses saints, de sainte Marie-Madeleine à sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. Le pape a souligné comment les vies de ces saints ont, par le passé, inspiré et dynamisé la nation. Il a fait remarquer que cette histoire n’est pas terminée, les béatifications et canonisations continuant d’enrichir le martyrologe français, c’est-à-dire le registre des saints. Le pape a encouragé les jeunes à s’inspirer de cet héritage pour redonner vie à l’Église de France, qu’il a qualifiée de spirituellement et politiquement vide après s’être éloignée de ses racines chrétiennes. Il a appelé à une « renaissance » et à un retour à la sainteté, en phase avec la conviction de Bernanos en une « révolution de l’Esprit » et la nécessité de reconstruire une Église de saints plutôt que de réformateurs. Bernanos estimait que la sainteté ne concerne pas seulement une élite, mais s’adresse à tous. Il croyait que même les petits actes de sainteté, discrets et ignorés, ont une portée et un impact. Le message du pape aux jeunes Français, les incitant à embrasser la sainteté, reflète une préoccupation plus large concernant le rôle croissant de l’État dans des domaines traditionnellement considérés comme relevant du divin. Il a évoqué un « ordre néopaïen et déshumanisant » en France, une idée que Bernanos avait également abordée. Ce dernier estimait que les saints existent au-delà de ceux officiellement reconnus, et que leur influence persiste malgré les scandales et les trahisons. Le discours du pape, en écho à Bernanos, suggère que l’Église a renoué avec le langage de la sainteté, qui avait peut-être perdu de son usage, et appelle désormais la jeunesse française, soutenue par ses aînés, à contribuer à l’avènement d’une « civilisation de l’Amour » afin que « le monde ait la vie ».