Les éditions sociales et La Dispute engagent une stratégie de renouveau à l'approche de leur centenaire, avec une nouvelle direction et un changement de diffusion.
Les maisons d'édition renouvellent leurs stratégies
Les éditions sociales et Les éditions La Dispute, deux maisons d'édition françaises totalisant près d'un siècle d'histoire, mettent en œuvre une stratégie de renouvellement à l'approche de leur centenaire. Les éditions sociales ont été fondées en 1927, tandis que Les éditions La Dispute ont été créées en 1997 par d'anciens salariés des éditions sociales.Nouvelle direction et changements au sein de l'équipe
La transition, depuis Richard Lagache, fondateur des éditions La Dispute, vers une nouvelle équipe a été accompagnée par la directrice éditoriale Marina Simonin, la responsable de la production et de la direction artistique Clara Laspalas, et la responsable de la librairie et des relations presse Noémie Brun. Floé Riffaud débute également un stage au sein de la maison d'édition, et l'éditeur Nicolas Vieillescazes a rejoint l'équipe en mai, après avoir travaillé auparavant chez l'éditeur indépendant Amsterdam.Impact du changement de distributeur
Le changement de distributeur, de Hobo-Makassar à Belles Lettres Diffusion-Distribution (BLDD), est intervenu dans le contexte de la faillite de Makassar au début de l'été. Ce changement n'a pas empêché les éditions sociales et La Dispute de subir des pertes financières, chacune ayant enregistré 130 000 euros de pertes pour l'année. Pour y remédier, les deux maisons d'édition ont obtenu un prêt auprès du Centre national du livre (CNL) et lancé une campagne d'abonnement.Réapprovisionnement amélioré et nouveaux titres
Depuis le passage à BLDD, la maison d'édition constate une amélioration des réassorts, un élément crucial pour la publication d'ouvrages de référence. Le dernier titre de l'Institut La Boétie, L'État et la révolution citoyenne, publié par La Dispute, se vend actuellement entre 100 et 250 exemplaires par jour. Ce rythme est jugé nettement plus rapide que celui obtenu avec l'ancien distributeur.Nouveau programme politique en préparation
La maison d'édition prépare également le programme de Jean-Luc Mélenchon, candidat à la présidentielle de La France insoumise, L'avenir en commun : le programme de la nouvelle France. La nouvelle édition, publiée par La Dispute au prix de 4,90 euros, compte déjà 80 000 exemplaires imprimés, dont plus de 30 000 exemplaires commandés par l'intermédiaire de circuits du 13e arrondissement de Paris.Focus sur Marx et nouvelles collections
La maison d'édition mène une campagne visant à obtenir des prescriptions en librairie, en s'appuyant sur la Grande Édition Marx et Engels (GEME) comme élément central. Cette collection propose des éditions de référence et des traductions en français des œuvres de Marx et Engels. La collection « Découvrir », destinée aux jeunes lecteurs et proposant des ouvrages de pédagogie critique, est également mise en avant, avec des titres tels que Découvrir Marx et Découvrir Fanon, qui se vendent chacun à plusieurs milliers d'exemplaires.Projets futurs et fusion
Les maisons d'édition remanient la mise en page et les couvertures de leurs ouvrages et poursuivent une tournée à travers la France à la rencontre des libraires indépendants. Un siècle après la création des éditions sociales, les deux marques, qui publient chacune une dizaine de nouveaux titres par an, devraient fusionner sous une entité unique, même si la forme de cette fusion reste à définir.Contexte historique et évolution
Les éditions sociales ont été fondées en 1927 sous la tutelle du Parti communiste français, puis placées un temps sous la direction du Komintern. Depuis les années 1970, la maison d'édition a tenté une première transformation en entité indépendante, portée par le philosophe communiste Lucien Sève et Richard Lagache. La Dispute a été créée peu après, avec un catalogue de sciences sociales consacré à l'analyse du capitalisme et des rapports de classe et de genre.