Microsoft a cessé de prendre en charge **Windows 10** le 14 octobre 2025. Votre PC continue de démarrer et de fonctionner, mais il ne reçoit plus de mises à jour de sécurité, sauf si vous l’inscrivez au programme ESU. Ce programme prolonge les mises à jour de sécurité jusqu’au 12 octobre 2027. Microsoft a ajouté une deuxième année à cette extension, initialement prévue pour s’achever le 13 octobre 2026. Si votre PC fonctionne encore, il faudra envisager une autre solution d’ici là. En France et dans le reste de l’Espace économique européen, l’inscription au programme ESU est gratuite : il suffit de se connecter à Windows avec un compte Microsoft, puis de se reconnecter au moins tous les 60 jours. Ailleurs, Microsoft exige d’activer la sauvegarde Windows (synchronisation des paramètres), de dépenser 1 000 points Microsoft Rewards ou de payer 30 dollars (environ 28 euros) avant taxes. La protection s’étend jusqu’au 12 octobre 2027, et un PC déjà inscrit est automatiquement prolongé. Selon l’association Halte à l’Obsolescence Programmée (HOP), 400 millions d’ordinateurs incompatibles avec **Windows 11** risquent d’être jetés dans le monde, dont jusqu’à 22 % des stocks en France. Ces PC restent bloqués sous **Windows 10**. Heureusement, il existe une solution : installer une distribution **GNU/Linux**. Nous vous accompagnons. Pourquoi choisir Linux au quotidien ? Oubliez les clichés. Les versions modernes ressemblent à Windows, s’utilisent à la souris et ne nécessitent aucune compétence technique. Pour surfer, rédiger des documents ou regarder des vidéos, tout fonctionne de la même manière. La grande crainte quand on parle de Linux ? Devoir taper des lignes de commande mystérieuses. Rassurez-vous, c’est terminé. **Ubuntu**, **Linux Mint** et autres fonctionnent entièrement à la souris. Vous voulez installer un logiciel ? Vous cliquez dans un magasin d’applications, comme sur un smartphone. C’est tout. Le célèbre terminal existe toujours, mais vous pouvez tout à fait l’ignorer. Certains l’utilisent par choix une fois qu’ils maîtrisent mieux le système. Mais pour commencer ? Pas besoin d’y toucher. Les logiciels ? Ils sont aussi au rendez-vous. **LibreOffice** remplace Word et Excel et ouvre vos fichiers Office. **Firefox**, **Chrome**, **Spotify**, **Discord**, **Zoom** : tout fonctionne normalement. **GIMP** permet de faire du montage photo avancé. **VLC** lit encore tout. Pour les logiciels professionnels, cela dépend. La suite Adobe reste un problème, c’est vrai. Cependant, **DaVinci Resolve** gère le montage vidéo et **Krita** le dessin. Besoin d’un logiciel Windows spécifique ? Vous pouvez le lancer avec **Wine**, ou conserver Windows en double amorçage dans de rares cas. Wine / Winlator / WineHQ Votre imprimante fonctionne-t-elle ? Très probablement. Linux détecte automatiquement la majorité des imprimantes récentes, sans avoir à installer de pilotes manuellement. Vous la branchez, elle fonctionne. Pas besoin de chercher un CD d’installation. Les marques **HP** et **Brother** sont les championnes de la compatibilité. **Canon** et **Epson** proposent aussi leurs pilotes. Avant d’acheter une nouvelle imprimante, vérifiez sur le site **OpenPrinting** qu’elle est compatible. Vos claviers, souris, webcams et disques durs externes ? Tous se branchent et fonctionnent directement. Les manettes **Xbox**, **PlayStation** et **Switch** fonctionnent également. Les cartes graphiques **AMD** et **Intel** ne posent pas de problème. **Nvidia** nécessite d’installer son pilote propriétaire, ce que **Mint**, **Ubuntu** ou **Pop!_OS** proposent en quelques clics. « Linux, ce n’est pas pour les jeux » : cette phrase date d’il y a dix ans. Aujourd’hui, la situation a radicalement changé. **Steam** propose des milliers de jeux compatibles avec Linux. La technologie **Proton** de Valve fait tourner la plupart des jeux Windows directement sous Linux, sans manipulation. Les grands titres fonctionnent. **Cyberpunk 2077**, **Elden Ring**, **Counter-Strike 2**, **Baldur’s Gate 3** tournent à la perfection. Les jeux multijoueurs avec anti-triche ? Cela dépend. **Fortnite**, **Valorant** et **Destiny 2** refusent Linux : **Bungie** bloque délibérément son jeu sous Proton, bien que son anti-triche **BattlEye** soit compatible. Les anti-triche qui s’exécutent au niveau du noyau du système (« kernel-level ») des jeux comme **Fortnite**, **Valorant** ou, depuis fin 2024, **Apex Legends** bloquent délibérément Linux. Si l’un de ces titres fait partie de votre quotidien, le double amorçage avec Windows reste la seule solution fiable. La console portable **Steam Deck** de Valve fonctionne sous Linux. Tous les jeux « Steam Deck Verified » fonctionnent donc sous Linux. C’est un indicateur pratique. Consultez **ProtonDB** avant d’acheter un jeu : ce site communautaire recense les compatibilités et les éventuelles configurations. **Lutris** et **Heroic Games Launcher** installent vos jeux **Epic Games**, **GOG**, **itch.io** et **Battle.net** en quelques clics. Ces lanceurs gratuits gèrent automatiquement les configurations complexes. **Minecraft** et **Rocket League** fonctionnent sans problème. **League of Legends**, en revanche, ne se lance plus sous Linux depuis l’arrivée de l’anti-triche **Vanguard** en avril 2024. Les émulateurs fonctionnent aussi parfaitement pour vos anciennes consoles. Quelle distribution Linux choisir ? « Linux » regroupe de nombreuses versions différentes appelées « distributions ». Chacune a son style. Pour quelqu’un venant de Windows, certaines facilitent vraiment la vie. **Linux Mint** : le meilleur choix pour débuter. Vraiment. Son interface copie celle de Windows avec un menu Démarrer, une barre des tâches. Vous ne serez pas perdu. Mint inclut tout ce dont vous avez besoin dès l’installation : les codecs pour lire vos vidéos, les pilotes utiles. C’est la distribution qui ressemble le plus à Windows. Protégez votre vie numérique avec **Bitdefender**, la protection européenne de confiance. **Bitdefender** vous protège contre les arnaques et fraudes en ligne. Profitez de vos activités en ligne en toute sérénité. **Ubuntu** : la référence mondiale. Des millions de personnes l’utilisent. Son interface **GNOME** diffère davantage de Windows, mais elle est moderne et élégante. Le grand avantage d’Ubuntu ? Sa communauté gigantesque. Vous trouverez des réponses à toutes vos questions. Les tutoriels sont abondants. Les mises à jour sont garanties pendant cinq ans. **Fedora** : pour les curieux. Un cran au-dessus en termes de technicité, **Fedora** propose les dernières innovations de Linux. Elle convient si vous souhaitez explorer et apprendre. Sponsorisée par **Red Hat**, elle bénéficie d’un support solide. Les mises à jour sortent tous les six mois. **Bazzite** : pour les gamers. Cette distribution optimise Linux pour le jeu. **Steam** est préinstallé, la prise en charge des manettes est parfaite. Certains jeux tournent même mieux qu’avec Windows, nous l’avons testé sur un **Asus ROG Ally**. **Bazzite** fonctionne aussi très bien pour un usage régulier : bureautique, navigation web, etc. **Zorin OS** : encore plus proche de Windows que Mint. **Zorin** pousse la mimétisme à l’extrême avec une interface presque identique à **Windows 10** ou 11. Parfait si vous ne voulez absolument aucune désorientation. La version Lite existe pour les anciens PC. **Zorin** inclut **Wine** préconfiguré pour lancer facilement les applications Windows. **Pop!_OS** : le choix des créatifs et des gamers. Développée par **System76**, **Pop!_OS** brille pour le jeu et les tâches exigeantes. Les pilotes **Nvidia** s’installent automatiquement. L’interface est moderne et efficace. Excellente pour le montage vidéo ou la programmation. **MX Linux** : pour redonner vie aux vieux ordinateurs. Votre machine a dix ans ? **MX Linux** la relancera. Ultra-léger, stable et rapide même sur du matériel ancien. Basé sur **Debian**, il bénéficie d’une grande fiabilité. Interface simple mais complète. **Arch Linux**, oubliez si vous débutez. Cette distribution exige d’installer tout manuellement, ligne par ligne, sans interface graphique. Vous construisez votre système pièce par pièce. Un contrôle total, oui. Mais les connaissances nécessaires ? Élevées. Des alternatives comme **Manjaro** ou **EndeavourOS** proposent **Arch** avec une installation graphique. Elles restent compliquées à aborder. Commencez plutôt avec **Mint** ou **Ubuntu**. **EndeavourOS** : **Arch Linux** simplifié. Pour ceux qui veulent **Arch** sans la complexité. Installation graphique facile, système toujours à jour, communauté amicale. Un bon compromis entre puissance et accessibilité. Toujours plus technique que **Mint** ou **Ubuntu**. L’installation : sauvegardez d’abord, installez ensuite Avant toute manipulation, sauvegardez vos données. Même si tout se passe généralement bien, un incident reste possible. Protéger vos fichiers vous évitera des sueurs froides. Ce qui compte vraiment ? Vos documents, photos, vidéos, favoris du navigateur, mots de passe. Si vous utilisez **OneDrive**, **Google Drive** ou **Dropbox**, vos fichiers y sont déjà. Sinon, prenez un disque dur externe ou une grande clé USB. Copiez-y vos dossiers importants. Sous Windows, ils se trouvent dans C:\Users\VotreNom\Documents, Images, Vidéos. Exportez vos favoris depuis votre navigateur (option dans les paramètres). Si vous utilisez un gestionnaire de mots de passe, exportez-le également. Notez votre mot de passe Wi-Fi si nécessaire. Prenez une photo de votre bureau Windows pour vous en souvenir. Listez les logiciels que vous utilisez au quotidien pour vérifier s’ils existent sous Linux. Faites plusieurs copies de vos éléments importants. Un disque externe plus une sauvegarde dans le cloud est idéal. Comment tester en toute sécurité avec le mode live Toutes les versions modernes de Linux permettent de tester le système sans rien installer. Zéro risque. Votre disque dur reste intact. Téléchargez le fichier ISO de la distribution choisie sur son site officiel. **Ubuntu**, **Mint** et **Fedora** proposent des téléchargements directs. Assurez-vous de récupérer la bonne version 32 ou 64 bits. Puis créez une clé USB bootable. Vous aurez besoin d’une clé USB d’au moins 8 Go (attention, tout son contenu sera effacé). Sous Windows avec **Rufus** : Téléchargez **Rufus** gratuitement sur rufus.ie Insérez votre clé USB Lancez **Rufus** (pas d’installation nécessaire) **Rufus** détecte automatiquement votre clé dans « Périphérique » Cliquez sur « Sélectionner » et choisissez votre fichier ISO téléchargé Laissez les autres options par défaut (Schéma de partition GPT, Système de destination UEFI) Cliquez sur « Démarrer » Si une fenêtre apparaît avec « Mode d’écriture ISOHybrid », choisissez « Écrire en mode Image ISO (recommandé) » Confirmez que vous acceptez d’effacer la clé Attendez 5 à 10 minutes Sous macOS avec **balenaEtcher** : Téléchargez **balenaEtcher** sur etcher.balena.io Installez et lancez l’application Cliquez sur « Flash depuis un fichier » et sélectionnez votre ISO Cliquez sur « Sélectionner la cible » et choisissez votre clé USB Cliquez sur « Flash ! » et entrez votre mot de passe administrateur Attendez la fin de l’opération Redémarrez votre PC avec la clé USB branchée. Au démarrage, vous devez accéder au menu de démarrage (Boot Menu) : Comment accéder au Boot Menu : Redémarrez votre ordinateur Dès que l’écran s’allume, appuyez plusieurs fois sur la touche appropriée : F12 (HP, Dell, Lenovo, Acer pour la plupart) F11 (certains modèles Acer) F2 (certains modèles Asus) F9 (certains modèles HP) Échap puis F9 (HP) Suppr (MSI, Gigabyte) Un menu apparaît listant les périphériques de démarrage Sélectionnez votre clé USB (souvent nommée « USB-HDD », « Kingston », « SanDisk » selon votre marque) Appuyez sur Entrée Si le Secure Boot bloque : La plupart des PC livrés avec **Windows 10** ou 11 ont le Secure Boot activé. **Ubuntu**, **Linux Mint** et **Fedora** démarrent normalement avec lui ; si votre clé ne démarre pas quand même : Redémarrez et entrez dans le BIOS/UEFI (généralement F2 ou Suppr au démarrage) Cherchez « Secure Boot » dans les menus (souvent dans Sécurité ou Démarrage) Désactivez-le (Désactivé) Sauvegardez (généralement F10) et redémarrez Réessayez le Boot Menu Tant que vous n’installez rien, tout fonctionne en mode temporaire depuis la clé USB : rien n’est modifié sur votre disque dur. Si l’expérience vous convainc, passez à l’installation permanente. Une fois Linux chargé, explorez librement. Ouvrez **Firefox**, testez **LibreOffice**, connectez-vous au Wi-Fi. Vos fichiers Windows restent intacts. Cliquez sur l’icône « Installer » (ou « Install ») présente sur le bureau. C’est seulement à partir de ce moment que Linux sera vraiment installé sur votre ordinateur. L’assistant vous guide. Langue, fuseau horaire, clavier : vous choisissez. Pour l’installation, deux options : effacer l’intégralité du disque (simple, pour un PC 100 % Linux) ou installer en parallèle de Windows (vous choisissez au démarrage). Créez votre compte avec un bon mot de passe. L’installation copie les fichiers, comptez 15 à 30 minutes. Une barre de progression indique l’avancement. Vous pouvez continuer à explorer le système live pendant ce temps. Quand c’est terminé, une fenêtre vous demande de redémarrer. Cliquez sur « Redémarrer maintenant ». Retirez la clé USB quand on vous le demande, puis appuyez sur Entrée. C’est prêt, votre Linux démarre ! Pour aller plus loin : partitionnement et double amorçage **Windows 10** - Linux Les utilisateurs qui veulent plus de contrôle peuvent partitionner manuellement leur disque. Cette méthode demande un peu de compréhension mais offre plus de flexibilité. Linux organise son disque différemment de Windows. La partition / contient le système. La partition /home stocke vos fichiers personnels. En séparant les deux, vous pouvez réinstaller le système sans perdre vos données. Pendant l’installation, choisissez « Autre » ou « Manuel ». Sur un disque typique de 256 Go : une partition EFI de 512 Mo, une partition root de 50 Go pour le système, 8 Go de swap, et le reste pour /home. Cette configuration isole vos données. Un problème système ? Il suffit de réinstaller la partie système, vos fichiers restent tranquilles dans /home. Pour conserver Windows et Linux ensemble, commencez par redimensionner la partition Windows depuis Windows (Gestion des disques). Libérez au moins 50 Go. L’installateur Linux verra cet espace libre et proposera de l’utiliser. Au démarrage, un menu vous permettra de choisir entre Windows et Linux. Après l’installation, installez les pilotes propriétaires si nécessaire (surtout Nvidia). Activez les dépôts tiers pour **Chrome** ou **Steam**. Configurez des sauvegardes automatiques avec **Timeshift**. Personnalisez l’apparence selon vos goûts. Vos premiers pas sous Linux Les premiers jours ressemblent à tout changement : quelques habitudes à retrouver, quelques différences à comprendre. Accordez-vous deux semaines pour vous y faire. Explorez le gestionnaire de fichiers. Il fonctionne comme l’Explorateur Windows. Visitez le magasin d’applications pour découvrir les logiciels disponibles. Installez progressivement ce dont vous avez besoin. Ajoutez vos comptes en ligne dans les paramètres : Google, Microsoft ou autres pour synchroniser vos calendriers et contacts. Importez vos favoris de navigateur. Connectez-vous à vos services habituels. Choisissez un fond d’écran agréable. Les communautés Linux sont très aidantes. Les forums **Ubuntu-fr**, le forum **Mint** et Reddit r/linuxquestions regorgent de personnes prêtes à vous aider. Le wiki **Arch Linux** explique tout en détail (même si vous n’utilisez pas Arch). **YouTube** regorge de tutoriels. La documentation officielle de chaque distribution est le premier endroit à consulter. **Ubuntu** propose tout en français. **Linux Mint** offre un guide PDF clair. N’hésitez jamais à poser des questions : l’esprit du logiciel libre repose précisément sur le partage. Gardez l’esprit ouvert. Linux fonctionne différemment, pas moins bien. Certaines choses se font autrement qu’avec Windows. Cette différence devient rapidement un avantage : plus de liberté, moins de limitations. La fin de **Windows 10** ? C’est l’occasion idéale de découvrir un système mature, performant et respectueux de votre vie privée.