Le Dr Fabrice Barlesi vise à guérir 80 % des patients atteints d'un cancer d'ici 2040, après des progrès de 50 % dans les années 1990 à 65 % aujourd'hui, grâce à l'IA.
Objectif de guérison du cancer d'ici 2040
Le docteur Fabrice Barlesi, directeur général de Gustave Roussy, centre de recherche sur le cancer situé à Villejuif, s'est fixé pour objectif de guérir 80 % des patients atteints d'un cancer d'ici 2040. Il rappelle que, dans les années 1990, seuls 50 % des patients étaient guéris et que, en 2026, ce taux atteint 65 %, soit un gain de 15 points en trente ans.Progrès technologiques et intelligence artificielle dans la recherche sur le cancer
Barlesi estime qu'il est possible d'obtenir une nouvelle hausse de 15 points au cours des quinze prochaines années, grâce aux progrès technologiques, à une meilleure compréhension de la maladie et à l'élargissement des options thérapeutiques. L'intelligence artificielle joue un rôle important dans l'analyse de grands ensembles de données et dans l'accélération de la mise au point de nouveaux traitements.Évolution de la classification des cancers
Barlesi note que la classification traditionnelle des cancers selon leur localisation d'origine pourrait évoluer. Par exemple, les tumeurs présentant une instabilité microsatellitaire, quelle que soit leur origine, ont de fortes chances de répondre à l'immunothérapie. Toutefois, la distinction entre une maladie localisée et une maladie métastatique reste importante, car les approches thérapeutiques diffèrent.Intégration de l'intelligence artificielle dans les pratiques médicales
L'intelligence artificielle est intégrée aux pratiques médicales à trois niveaux : d'abord dans l'imagerie médicale et l'analyse des tissus ; ensuite dans la recherche et l'analyse de grandes bases de données ; enfin dans la conception de traitements personnalisés à partir des données de chaque patient. Cette année, les premiers résultats de médicaments entièrement conçus par l'intelligence artificielle ont été observés.Importance du dépistage des cancers
Barlesi souligne l'importance du dépistage pour réduire la mortalité liée au cancer. Il relève que seulement 50 % des femmes participent au dépistage du cancer du sein, et à peine 30 % pour le cancer du côlon. Il plaide pour un dépistage obligatoire, soulignant qu'il peut réduire la mortalité de 20 %.Bénéfices du dépistage du cancer du poumon
Des études portant sur plus de 150 000 personnes ont démontré les bénéfices du dépistage du cancer du poumon par scanner. En France, une étude sur 20 000 personnes est en cours, mais Barlesi estime que la mise en place d'un dépistage généralisé du cancer du poumon relève de la responsabilité collective.Progrès dans le diagnostic précoce
Pour l'avenir, Barlesi insiste sur l'importance de la biopsie liquide, qui détecte l'ADN tumoral présent dans le sang. Cette technique pourrait permettre un diagnostic très précoce et aider à identifier les patients qui ne présentent plus de maladie détectable, ou ceux qui risquent une rechute. Il serait ainsi possible de mettre en œuvre des stratégies de traitement plus personnalisées, en évitant des traitements inutiles pour certains patients tout en intensifiant les soins pour ceux qui en ont besoin.