Le Online Safety Act britannique ne réduit pas l'exposition des adolescents aux contenus nuisibles, selon un rapport d'Ofcom qui pointe des lacunes dans la réglementation et son application.
Règles de protection de l'enfance en vigueur depuis 2025
Depuis l'été 2025, les grandes plateformes en ligne au Royaume-Uni doivent protéger les enfants contre les contenus préjudiciables, notamment la pornographie, le racisme, la violence, la misogynie, les contenus liés au suicide et le harcèlement.Aucun effet clair sur l'exposition aux contenus préjudiciables
L'autorité britannique de régulation des communications, Ofcom, n'a constaté aucune évolution statistiquement significative de la proportion d'adolescents déclarant avoir été exposés à des contenus préjudiciables au cours des neuf premiers mois suivant l'entrée en vigueur des nouvelles règles, en juillet 2025.Focus sur certains contenus préjudiciables
Le rapport souligne que les contenus liés à la pornographie, au suicide, à l'automutilation et aux troubles du comportement alimentaire restent une préoccupation majeure. Le régulateur n'a trouvé aucune preuve que la gravité des préjudices subis par les enfants ait changé.Enquête auprès des enfants et des adolescents
Les conclusions reposent sur une enquête en ligne menée auprès d'enfants et d'adolescents âgés de 8 à 17 ans, réalisée avant et après la mise en œuvre de l'Online Safety Act. L'enquête portait sur l'exposition aux contenus préjudiciables.Vérification de l'âge et filtrage des contenus
Les plateformes en ligne qui hébergent des contenus pornographiques doivent désormais mettre en place des systèmes de vérification de l'âge. Les règles imposent également une modération renforcée des contenus préjudiciables et des ajustements des algorithmes de recommandation de contenus afin de protéger les mineurs.Exposition persistante via les fils personnalisés
Malgré ces mesures, les fils d'actualité personnalisés demeurent le principal canal par lequel les enfants sont exposés aux contenus préjudiciables. Les filles déclarent une exposition plus élevée que les garçons aux contenus liés au suicide et aux troubles du comportement alimentaire, et se sentent souvent troublées après avoir visionné ces contenus.Contourner la modération grâce à un langage codé
Les garçons et les jeunes hommes qui consultent des contenus sur la motivation et le développement personnel peuvent rapidement tomber sur des publications extrêmes faisant la promotion de la misogynie et du racisme. Les règles de modération sont souvent contournées à l'aide d'un langage codé ou de mots-clés délibérément mal orthographiés.Le régulateur appelle à davantage de responsabilité
Ofcom reconnaît que le secteur en ligne a largement échappé à toute responsabilité pendant plus de deux décennies. Des progrès sont toutefois réalisés, notamment avec la mise en place de contrôles d'âge et de protections renforcées contre les prédateurs et les abus envers les mineurs.Sanctions et enquêtes en cours
Le régulateur a ouvert une enquête sur TikTok, portant sur ses procédures de vérification de l'âge. Le gouvernement britannique prévoit également d'interdire les réseaux sociaux aux moins de 16 ans à partir du printemps.Élargissement des catégories de contenus préjudiciables
Ofcom recommande d'ajouter deux nouvelles catégories à la liste des contenus préjudiciables : la stigmatisation de l'apparence physique et la promotion de la dépression, du désespoir et du sentiment d'impasse. Ces ajouts permettraient aux plateformes de traiter ces questions de manière cohérente.Élargissement des interdictions à Londres
Londres étend les restrictions sur les contenus numériques destinés aux moins de 16 ans, y compris les réseaux sociaux et les jeux vidéo, dans le but de créer un environnement plus sûr pour les jeunes utilisateurs.