Des algues rouges, connues sous le nom de Cottoniella filamentosa, sont apparues en grande quantité le long des côtes de la Guadeloupe depuis fin 2025, provoquant des problèmes de santé pour les marins et perturbant les pêcheries locales. Ces algues, qui prennent une teinte rouge ou brune, se sont répandues dans presque toutes les zones de l’archipel, notamment à Sainte-Anne, Le Gosier, Sainte-Rose et Le Moule. Les pêcheurs rapportent des pertes économiques importantes, certains ayant perdu jusqu’à 70 % de leurs revenus en raison du déclin des populations de poissons et des difficultés à naviguer à travers les amas d’algues. Ce phénomène suscite des inquiétudes tant sur le plan environnemental que sanitaire. Ces algues sont décrites comme sporadiques, éphémères et saisonnières, avec des observations similaires signalées en Méditerranée, en Caroline du Nord et dans d’autres parties des Caraïbes. La Cottoniella filamentosa est sensible à la température de l’eau, et sa prolifération devrait ralentir avec l’augmentation des températures estivales. Cependant, l’apparition soudaine et généralisée de ces algues en Guadeloupe reste inexpliquée. Parmi les facteurs possibles figurent le refroidissement des eaux de surface et des problèmes d’assainissement dans la région. Les algues pourraient également libérer une substance chimique naturelle repoussant les poissons et modifiant la couleur de la mer, la rendant moins attractive pour la vie marine. Les effets sur la santé signalés par les personnes exposées incluent des étourdissements, des démangeaisons autour des yeux et des mains, ainsi qu’un jaunissement du bout des doigts. L’Agence régionale de santé (ARS) a conseillé aux personnes concernées de consulter un médecin et de signaler leur expérience à une équipe de surveillance. Début 2026, la mairie de Saint-François a lancé un questionnaire afin de recueillir des informations auprès des marins et plaisanciers, contribuant ainsi à une meilleure compréhension de ces algues et de leurs impacts. Un comité de suivi sur les algues rouges s’est réuni le 27 août, réunissant le Conseil régional de Guadeloupe, l’Université des Antilles, l’ARS, l’Ifremer et le CRPMEM. Ces organismes travaillent à approfondir les recherches sur ce phénomène et à déterminer s’il s’agit d’un événement temporaire ou d’un problème plus durable. Des études complémentaires sont nécessaires pour valider les hypothèses actuelles et évaluer les effets à long terme sur l’environnement et la santé humaine. Les marins s’inquiètent des risques sanitaires potentiels à long terme ainsi que des compensations pour leurs pertes, certains craignant qu’il ne faille attendre jusqu’à cinq ans pour obtenir des réponses et un soutien. Une seconde réunion du comité de suivi est prévue pour la fin de l’année 2026.