Une grève ferroviaire majeure en France menace de perturber les voyages et de coûter des millions alors que les syndicats réclament de meilleurs salaires avant le lancement du TGV M.
Les syndicats de cheminots appellent à une grève nationale
Quatre grands syndicats représentant les salariés de la SNCF — CGT-Cheminots, UNSA-Ferroviaire, SUD-Rail et CFDT-Cheminots — ont annoncé une grève nationale le 5 novembre 2026, la veille de l'inauguration du TGV M. Cette grève vise à obtenir de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail.Les revendications comprennent des hausses de salaire et un 13e mois
Les syndicats réclament une augmentation générale des salaires, une revalorisation des primes et la mise en place d'un 13e mois de salaire pour l'ensemble des cheminots, quel que soit leur statut. Selon eux, ces mesures sont nécessaires pour répondre à des griefs anciens et améliorer la sécurité de l'emploi.La grève coïncide avec le lancement du TGV M
La grève aura lieu à peine 24 heures avant le lancement officiel du TGV M sur la ligne Paris-Marseille, prévu le 6 novembre. Ce nouveau train, dont le développement a coûté 4,6 milliards d'euros, représente un investissement majeur pour la SNCF et vise à renforcer sa compétitivité.Le tourisme et le secteur des voyages face aux perturbations
La grève intervient à la fin des vacances de la Toussaint, une période de forte affluence pour les voyages en famille. Les professionnels du tourisme redoutent une vague d'annulations, et les hôteliers ainsi que les agences de voyages se préparent à des pertes financières. Les correspondances internationales passant par les aéroports parisiens pourraient également être touchées, compliquant les projets de déplacement de nombreux voyageurs.Le fret ferroviaire et les industries confrontés à des difficultés d'exploitation
Au-delà du transport de voyageurs, le fret ferroviaire est lui aussi touché par la grève. Les entreprises qui dépendent du rail pour acheminer leurs marchandises risquent des retards de livraison et une hausse des coûts. Les secteurs automobile et agroalimentaire, en particulier, se préparent à activer leurs plans de secours pour limiter les perturbations.Le coût économique de la grève pourrait être important
Des experts estiment que la grève pourrait coûter entre 50 et 80 millions d'euros à l'économie productive. Le réseau ferroviaire du Massif central, déjà sous tension, pourrait subir une pression supplémentaire, compliquant davantage la logistique et l'exploitation.La rentabilité de la SNCF nourrit les revendications syndicales
Malgré la grève, la SNCF a annoncé un bénéfice net record de 1,2 milliard d'euros pour le premier semestre, en juillet 2026. Les syndicats estiment que ce résultat justifie une redistribution des bénéfices, par des salaires plus élevés et la mise en place d'un 13e mois, qui coûterait environ 450 millions d'euros par an.Négociations prévues le 3 novembre
Une réunion de négociation, conduite par Jean Castex, est prévue le 3 novembre au siège de la SNCF, à Saint-Denis. Les discussions visent à répondre aux revendications des syndicats tout en garantissant la compétitivité de la SNCF dans un marché de plus en plus ouvert aux opérateurs privés.Concilier coûts et compétitivité
La SNCF doit concilier la satisfaction de ses salariés et la maîtrise de ses coûts. Les opérateurs ferroviaires privés proposent des prix plus bas grâce à des structures salariales plus souples. Toute hausse de salaire importante pourrait creuser l'écart de compétitivité et entraîner de nouvelles pertes de parts de marché.