Le nouveau gouvernement abroge les lois anti-LGBTQ+

Péter Magyar, élu Premier ministre de la Hongrie le 12 avril 2026, a entrepris de mettre en œuvre des réformes visant à démanteler les politiques de son prédécesseur, Viktor Orbán, qui a exercé le pouvoir de 1998 à 2002, puis de 2010 à 2026. Le gouvernement de Magyar a abrogé la législation qui, depuis 2021, interdisait d'évoquer l'homosexualité et l'identité de genre auprès des mineurs, une décision saluée par l'Union européenne comme un « signal significatif de notre engagement envers nos valeurs communes ».

Les politiques anti-LGBTQ+ d'Orbán sous le feu des critiques

Viktor Orbán avait auparavant mis en place des politiques limitant la vente de livres traitant de l'homosexualité ou de la transidentité, qui devaient être vendus sous emballage scellé et ne pouvaient être proposés à moins de 200 mètres des écoles ou des lieux de culte. Ces politiques faisaient partie d'une campagne anti-LGBT plus large, influencée par le président russe Vladimir Poutine.

Opinion publique et prudence politique

Selon Judit Takács, sociologue hongroise, 68 % des Hongrois sont favorables au mariage entre personnes de même sexe. Toutefois, Magyar, ancien membre du parti conservateur Fidesz, a fait preuve de prudence sur les questions LGBT afin d'éviter les pièges culturels tendus par le Fidesz. Magyar a rompu avec le Fidesz en 2024.

Critiques du mandat d'Orbán

András Bozóki, politologue hongrois, a relevé que le mandat d'Orbán s'était traduit par la destruction de la démocratie, l'instauration d'un régime autoritaire et un déclin économique important. Le gouvernement d'Orbán a été critiqué pour une inflation élevée, un manque d'emplois, ainsi que pour les conséquences de la pandémie de Covid-19 et de la guerre en Ukraine. Orbán a également refusé de se conformer aux exigences de l'UE en matière de réformes judiciaires, ce qui a entraîné la perte de 18 à 20 milliards d'euros de fonds européens.

Le programme de réformes de Magyar

Le gouvernement de Magyar a pris plusieurs mesures pour répondre à ces problèmes, notamment l'adhésion au Parquet européen (EPPO) le 10 juillet 2026, afin de lutter contre la fraude portant sur les fonds européens. Le 13 juillet, Magyar a limité le mandat du Premier ministre à deux mandats de quatre ans, afin d'empêcher un éventuel retour d'Orbán au pouvoir.

Réformes institutionnelles et recouvrement des avoirs

Le 1er septembre 2026, Magyar a créé l'Office national pour le recouvrement et la protection des avoirs (NVVH), chargé de retracer et de récupérer les biens publics détournés sous le mandat d'Orbán. Magyar a également mis en place cinq commissions d'enquête parlementaires chargées d'examiner la corruption de l'ère Orbán.

Concilier pressions européennes et intérieures

Selon Péter Krekó, psychologue social et politologue hongrois, Magyar doit concilier les attentes de l'UE avec les besoins de ses électeurs, en évitant de donner l'image d'un dirigeant trop libéral tout en mettant en œuvre les réformes nécessaires. Le gouvernement de Magyar a pris des mesures juridiquement requises pour rassurer les Européens, notamment en se conformant à un arrêt contraignant de la Cour de justice de l'Union européenne.

Décisions politiques en suspens

La Commission européenne a proposé de débloquer 4,2 milliards d'euros de fonds gelés. Toutefois, des mesures politiquement sensibles, telles que les restrictions au recrutement de travailleurs étrangers, le refus de livrer des armes à Kiev et l'interdiction de l'adoption pour les couples de même sexe, restent en suspens.