Construction du stade suspendue

Un stade de 46 000 places, construit à 350 mètres au-dessus du sol, soit plus haut que la tour Eiffel, devait compter parmi les 15 stades de la Coupe du monde 2034. Le dossier de candidature saoudien le décrivait comme « le stade le plus unique au monde ».

Un statut de projet incertain

Selon Reuters, qui cite deux sources anonymes, le stade a récemment été mis de côté pour une durée indéterminée. Riyad n'a pas confirmé cette information, et Neom ainsi que le service de presse du gouvernement n'ont pas répondu aux questions de l'agence.

Avancement des travaux ralenti

L'autorité chargée de l'organisation de la Coupe du monde 2034 a seulement indiqué qu'une « livraison substantielle » de jalons de construction était en cours, sans mentionner le stade ni son coût. Les données de MEED Projects, un service de suivi basé à Dubaï, classent le projet comme « suspendu », avec un coût estimé à 2,5 milliards de dollars et sans date de livraison.

Le projet The Line revu à la baisse

Le stade de Neom, à 350 mètres au-dessus du sol, a été mis de côté pour une durée indéterminée. The Line devait mesurer 170 kilomètres de long, mais selon la presse, environ 2,4 kilomètres ont été creusés. Neom reporte tous les nouveaux travaux sur The Line à après 2030.

Une vision ambitieuse datant de 2021

Pour comprendre pourquoi ce stade était au sommet d'un chantier à l'arrêt, il faut remonter à 2021. Cette année-là, le prince héritier Mohammed ben Salmane présentait The Line : 170 km de long, 200 m de large, 500 m de haut, pour 9 millions d'habitants. Neuf millions, c'est à peu près la population de l'Autriche, alignés sur une distance supérieure à celle qui sépare Paris de Rouen.

L'emplacement du stade dans The Line

Dans ce mur d'une hauteur équivalant à une fois et demie la tour Eiffel, le stade devait être inséré à 350 mètres d'altitude. En octobre 2022, les excavations ont commencé sur toute la longueur du tracé, une tranchée rectiligne ouverte dans le désert du nord-ouest du pays. Toutefois, plusieurs médias indiquent que seulement 2,4 km environ ont réellement été creusés, soit 1,4 % des 170 km promis, un chiffre rapporté par la presse et non confirmé par une source primaire.

Des chiffres financiers incertains

Les montants qui circulent autour du projet sont des estimations de presse, et non des budgets publiés. Selon ces articles, la facture serait comprise entre 100 et 200 milliards de dollars au départ, et Semafor rappelle que The Line avait été présenté comme un projet dépassant 1 000 milliards de dollars. Des chiffres internes rapportés par la presse atteignent jusqu'à 880 milliards de dollars, soit 44 fois la borne haute de la première fourchette.

Revue stratégique et réorientation des financements

Le 22 mai 2026, Semafor révèle que Neom reporte tous les nouveaux travaux sur The Line à après 2030. Le fonds souverain PIF, qui contrôle Neom, réoriente ses dépenses vers des infrastructures telles que des ports et des centres de données. Selon les médias, qui s'appuient sur des sources proches du dossier, la décision fait suite à une revue stratégique menée par Aiman al-Mudaifer, directeur général de Neom nommé l'année dernière.

Objectifs de population revus

Semafor souligne également des déficits et des investissements étrangers inférieurs aux attentes. L'objectif de population pour 2030 est lui aussi revu à la baisse : jusqu'à 100 000 habitants pour l'ensemble de Neom, soit environ 1 % des 9 millions annoncés en 2021. Trojena, la station de montagne qui devait accueillir les Jeux asiatiques d'hiver de 2029, ne recevra pas non plus de nouveaux investissements avant 2030, selon les mêmes sources.

Une réduction des projets de stades

Du stade aux cinq sites, le recul se poursuit. Le gouverneur du PIF, Yasir Al-Rumayyan, avait préparé le terrain en avril 2026. Il a déclaré que The Line n'était plus une priorité et n'était pas indispensable avant l'échéance de 2030, tout en niant que le moindre projet ait été annulé. À ce jour, les autorités saoudiennes n'ont officiellement annoncé aucune annulation.

L'abandon de cinq stades

Le 14 octobre, Semafor est allé plus loin. Selon les médias, le PIF se prépare à informer la FIFA qu'il abandonne cinq nouveaux stades : celui de Neom, mais aussi ceux de Qiddiya, de King Abdullah Economic City, de Roshn et de New Murabba. Au lieu de huit nouveaux sites pour 2034, il n'en resterait que trois.

La dépendance du stade à The Line

Semafor ajoute que Neom n'a alloué aucun financement à The Line avant 2030 au minimum. Ce stade n'avait de sens que s'il était adjacent à The Line : à 350 m, il requiert une structure de soutien déjà construite, des liaisons de transport ainsi que des alimentations en eau et en électricité capables de faire face à une soirée de match. Or, la construction est à l'arrêt, et aucun calendrier public n'indique quand ces prérequis existeraient.

Impact financier sur la Coupe du monde

Pour mesurer son poids, MEED estime le coût total des projets liés à la Coupe du monde à 22,7 milliards de dollars, dont 2,5 milliards pour ce seul site, soit environ 11 %. Toutefois, l'Arabie saoudite accueillera tout de même la Coupe du monde 2034. Le terme « annulation » reste prématuré : ni Neom ni le gouvernement n'ont confirmé l'abandon du stade, et Reuters s'appuie sur des sources anonymes.

Modifications de conception sans budget

Quant au projet lui-même, Semafor précise que les deux tours miroirs doivent être repensées, sans date d'achèvement connue ni nouveau budget alloué.