Report de la création d'une commission

La Cour suprême israélienne a reporté sa décision sur la création d'une commission d'enquête sur l'attaque du 7 octobre, repoussant ce choix après les prochaines élections législatives du 27 octobre. Le gouvernement a invoqué des contraintes de calendrier à la Knesset pour justifier ce report.

Une tradition de responsabilité

La création d'une commission d'enquête après un grand événement national est une pratique ancienne en Israël, comme l'a montré la commission Agranat après la guerre du Kippour de 1973. Toutefois, la situation actuelle est jugée particulière, le Premier ministre Benjamin Netanyahu se présentant comme la victime des élites et refusant de rendre des comptes sur l'attaque du 7 octobre.

Les médias mettent en lumière les défaillances de l'exécutif

Plusieurs médias, dont Haaretz, ont souligné de graves dysfonctionnements au sein de l'exécutif, suggérant même que le Premier ministre lui-même pourrait être impliqué. Le scrutin du 27 octobre permettra de décider si les Israéliens souhaitent continuer avec un dirigeant qui exerce le pouvoir depuis dix-sept ans et qui a refusé d'assumer la responsabilité des échecs du pays.

Un leadership et une gouvernance contestés

L'élection devrait être serrée, beaucoup d'Israéliens privilégiant l'unité face aux critiques venues de l'extérieur. Si Netanyahu fait face à la désapprobation mondiale, certains préfèrent un dirigeant fort malgré ses actes, comme le report de nominations judiciaires ou la nomination de ministres impliqués dans des affaires de corruption ou jugés inefficaces, à l'instar de la ministre du Tourisme Miri Regev.

L'influence religieuse sur la gouvernance

La présence de fondamentalistes juifs au gouvernement est perçue comme une menace pour le compromis officieux régissant, depuis 1947, les relations entre le pouvoir et la religion. Les groupes ultra-orthodoxes alliés à Netanyahu entendent ne conserver que l'aspect d'« État juif », ce qui pourrait faire basculer le pays vers un régime plébiscitaire, voire une théocratie déguisée.

Une critique largement partagée à l'égard de Netanyahu

Cette critique ne se limite pas aux gauchistes ou aux adeptes de théories du complot : elle est aussi partagée par des conservateurs israéliens comme Ehud Olmert et Benny Begin, consternés par les dégâts causés par Netanyahu. Le scrutin déterminera l'avenir des institutions démocratiques israéliennes, faisant de ce moment un tournant décisif pour la gouvernance du pays.