Une étude récente du testament de Nicolas Flamel, Parisien du XIVe siècle, révèle qu’il n’était pas alchimiste, malgré la légende tenace selon laquelle lui et son épouse, Pernelle, auraient découvert la mythique « pierre philosophale »—une substance censée transformer les métaux en or et conférer l’immortalité. Cette légende a fasciné écrivains, artistes et scientifiques pendant des siècles, parmi lesquels des figures comme Isaac Newton, Victor Hugo ou J.K. Rowling, qui a intégré Flamel en tant qu’alchimiste dans sa série Harry Potter. Cependant, de nouvelles preuves issues du testament de Flamel, étudié pour la première fois en 2024, suggèrent que le mythe pourrait reposer sur une méprise ou une appropriation de son identité. Le document, conservé pendant des siècles dans les archives d’un hôpital parisien, est exposé pour la première fois à l’automne 2024 au musée de Cluny à Paris. Il éclaire la vie de Flamel, montrant qu’il était un homme riche, propriétaire d’un vaste portefeuille immobilier et auteur de nombreuses donations caritatives. Bien qu’il ne fût pas aristocrate, son statut social était élevé. Cette richesse, combinée à l’absence de toute preuve qu’il ait pratiqué l’alchimie, a nourri l’hypothèse selon laquelle cette discipline expliquerait sa fortune. À l’époque, l’alchimie était perçue comme une quête divine, et l’idée que Flamel en aurait percé les secrets aurait justifié son succès. La légende de Flamel alchimiste s’est amplifiée après la publication, environ cinquante à soixante-quinze ans après sa mort, d’un texte intitulé le Livre de Flamel. Ce manuscrit décrivait un procédé alchimique censé transformer le plomb en or, mais il est aujourd’hui considéré comme inspiré d’anciens manuscrits orientaux. Au fil du temps, d’autres textes alchimiques ont circulé sous son nom, certains incluant même des détails sur la vie du couple à Paris. Cela soulève la question de savoir pourquoi des auteurs ont attribué ces œuvres à un homme mort depuis des décennies. La réponse pourrait résider dans l’attrait même de la pierre philosophale, un concept qui fascine depuis l’Antiquité. L’idée de transformer des métaux vils en or et d’accéder à l’éternité a traversé les cultures et les époques. Pourtant, le testament de Flamel suggère que son véritable héritage réside dans son sens des affaires et sa générosité. Comme l’explique la conservatrice Maëlys Bitouzet, la surprise du public à la découverte de sa véritable pierre tombale—exposée au musée de Cluny—illustre la puissance persistante du mythe face à la réalité historique. Si la légende de Nicolas Flamel alchimiste relève peut-être de la fiction, sa vie réelle continue de captiver et d’inspirer.