Importance politique des citoyens arabes d'Israël

Les citoyens arabes d'Israël, descendants de Palestiniens, sont plus de deux millions dans le pays, dont 1,2 million sont électeurs. Ils représentent plus de 20 % de la population, et leur participation aux élections pourrait peser considérablement sur les résultats législatifs.

Démographie et auto-identification

Parmi les 7,3 millions de citoyens israéliens inscrits sur les listes électorales, 20 à 21 % sont d'origine palestinienne. Officiellement désignés sous le nom d'« Arabes d'Israël », beaucoup, à l'image de la militante Ines Osrof, rejettent cette appellation et préfèrent se dire palestiniens, en insistant sur leur héritage et leur attachement à cette terre.

Inégalités à Jaffa

Le journal 20 Minutes a rendu compte des inégalités quotidiennes auxquelles sont confrontés les citoyens arabes de Jaffa, quartier historiquement palestinien aujourd'hui intégré à Tel-Aviv. Malgré une histoire riche et un patrimoine architectural remarquable, les habitants subissent des disparités en matière d'opportunités économiques, de sécurité et de droits civiques, lesquelles se sont aggravées depuis le 7 octobre.

Tensions croissantes et restrictions

Nawras Kawsme, militant arabe de 27 ans, décrit les quatre dernières années comme particulièrement difficiles, marquées par une hausse du racisme et des restrictions à la liberté d'expression. Ines Osrof ajoute que les citoyens arabes ne peuvent pas exprimer ouvertement leur solidarité envers leurs familles à Gaza et en Cisjordanie, par crainte de représailles.

Un dirigeant controversé et un manque de justice

La police est dirigée par le ministre de la Sécurité intérieure, Ben Gvir, figure controversée qui dirige un parti ultranationaliste. Il a fait l'objet de nombreuses poursuites judiciaires, notamment pour incitation à la violence et discours de haine. Malgré cela, aucune arrestation n'a été effectuée pour les 12 Palestiniens tués cette année, et les propos racistes sur les réseaux sociaux restent sans suite.

Coexistence et mobilisation politique

À Jaffa, où mosquées, églises et synagogues cohabitent, Ines Osrof souligne que musulmans, chrétiens et juifs palestiniens vivent ensemble depuis longtemps. Certains résidents juifs soutiennent désormais la Liste unifiée, l'un des deux partis arabes en lice aux élections, dans le but de promouvoir l'égalité et la représentation.

Sous-représentation au Parlement

Dana Salmon, artiste de Tel-Aviv, met en lumière le décalage entre le poids démographique de la population arabe et sa représentation à la Knesset, où elle ne détient que 10 % des sièges alors qu'elle représente un Israélien sur cinq. Yoav, militant, souligne que si les Arabes disposent des mêmes droits en théorie, ils subissent dans les faits des discriminations et ont moins d'opportunités que les citoyens juifs.

Un potentiel d'influence politique

Les deux partis arabes pourraient acquérir cette année un poids politique suffisant pour devenir incontournables dans la formation de coalitions gouvernementales, et ainsi influencer les politiques nationales. Ines Osrof estime toutefois que la pression sur la communauté palestinienne s'accroît, sans perspective claire.

Espoir et détermination

Malgré les difficultés, Ines Osrof voit dans ces élections une occasion décisive de faire évoluer les choses. Elle n'a aucune intention de quitter Israël, qu'elle considère comme son foyer. Pour elle, la situation est déjà dramatique, et aucun résultat électoral ne modifiera sa détermination à rester et à se battre pour les droits de sa communauté.