La présidence irlandaise a proposé une baisse de 141 milliards d'euros du budget de l'UE pour 2028-2034, suscitant les critiques des organisations agricoles et de la Commission européenne.
Le projet irlandais réduit le budget de l'UE de 141 milliards d'euros
La présidence irlandaise du Conseil de l'Union européenne a présenté, le 10 octobre, une proposition de budget de compromis pour la période 2028-2034, qui suggère une réduction de 141 milliards d'euros par rapport au plan initial de la Commission européenne. La proposition maintient le budget de la politique agricole commune (PAC), mais réduit les fonds consacrés à l'aide au développement, aux dépenses administratives et à un nouveau fonds pour la compétitivité.Les coupes budgétaires visent les domaines non agricoles
Le projet irlandais réduit également de 30 %, par rapport au plan initial de la Commission, le budget du « filet de sécurité unitaire », un fonds destiné à faire face aux crises des marchés agricoles. Cette démarche intervient alors que les États membres et le Parlement européen poursuivent les négociations en vue de finaliser le budget d'ici la fin de l'année, les discussions interinstitutionnelles devant débuter en 2027.Les organisations agricoles s'opposent aux coupes budgétaires
Les organisations agricoles et les coopératives, représentées par Copa-Cogeca, ont rejeté le projet irlandais. Elles dénoncent la poursuite de la baisse du budget de la PAC de plus de 20 % ainsi que les coupes dans le « filet de sécurité unitaire ». Elles expriment leur inquiétude face à l'absence de garanties pour protéger la structure historique, l'autonomie et le caractère commun de la PAC.La Commission européenne met en garde contre les risques
La Commission européenne a exprimé sa déception face aux coupes budgétaires proposées. Un porte-parole a déclaré : « ces coupes budgétaires ne nous réjouissent pas du tout ». La Commission a souligné l'ampleur de la réduction par rapport à sa proposition initiale d'environ 2 000 milliards d'euros et a averti que des coupes importantes pourraient compromettre les priorités convenues.L'Allemagne et la France ont des positions divergentes
Le chancelier allemand Friedrich Merz a critiqué le montant du budget proposé, le qualifiant de « pas une bonne base », et a indiqué que l'Allemagne et ses alliés cherchent toujours à obtenir des réductions substantielles. Cette position crée des tensions avec la France, qui plaide pour un budget pluriannuel ambitieux destiné à soutenir les priorités de l'UE.Les dirigeants européens discuteront du budget lors du sommet
Le budget de l'UE sera un sujet central du sommet des 27 États membres à Bruxelles, prévu jeudi et vendredi. Les dirigeants visent un accord avant Noël afin d'éviter un chevauchement avec les échéances électorales de 2027, notamment l'élection présidentielle française. Toutefois, les positions divergentes des États membres et les élections anticipées en Espagne compliquent le calendrier.