Événement interreligieux en réponse aux attaques

Le dimanche 25 octobre, un événement interreligieux et interconvictionnel s'est tenu à l'Esplanade des religions et des cultures, à Bussy-Saint-Georges (Seine-et-Marne), deux jours après une série d'attaques racistes à Trappes et à La Verrière (Yvelines). L'événement visait à réfléchir aux moyens de réduire la haine et d'empêcher que les différences religieuses ou culturelles ne deviennent des motifs de division, ainsi qu'à la manière de transformer les déclarations d'intention en engagements concrets.

Événement organisé par plusieurs groupes

L'événement était organisé par l'Esplanade des religions et des cultures, la Coordination interconvictionnelle du Grand Paris (CINPA-Osons la fraternité) et des associations partenaires, dont la Plateforme de Paris. Il a réuni une quarantaine de participants issus de différentes traditions religieuses et de la société civile, répartis en neuf ateliers afin de produire quarante idées susceptibles de devenir des actions en faveur de la paix et de la fraternité.

Thèmes et idées proposées

Les thèmes abordés comprenaient l'écologie, la solidarité, les migrations, la justice sociale, l'engagement citoyen, l'éducation, l'éthique numérique, l'avenir du dialogue interreligieux, la spiritualité et la prévention des conflits. Parmi les idées proposées figuraient des repas entre familles de convictions différentes, des formations à l'écoute mutuelle, des visites guidées de lieux de culte, des actions écologiques, des campagnes de don du sang, des initiatives de solidarité et une meilleure connaissance des faits religieux. Ces propositions ne sont pas encore des projets lancés ; elles nécessitent un approfondissement, le soutien de partenaires et une mise en œuvre.

Atelier sur la communication interreligieuse

L'un des ateliers portait sur la manière d'engager la conversation avec des personnes qui ne partagent pas sa religion ou ses convictions. Les participants ont évoqué la crainte de mal s'exprimer, de blesser involontairement autrui ou de ne pas savoir quoi répondre. La confiance a été présentée comme naissant d'expériences ordinaires, comme partager un repas, découvrir une fête religieuse, marcher ensemble ou accueillir une famille. Des programmes tels que « Dîners du vivre ensemble » et « Découvrir Ramadan » ont été cités en exemple de cette approche.

Visite de lieux de culte

Après un déjeuner partagé, les participants ont visité plusieurs lieux de culte de Bussy-Saint-Georges, dont l'église Notre-Dame du Val, le temple bouddhiste chinois Fo Guang Shan, la pagode laotienne Wat Velouvanaram, le centre islamique et le mandir hindou. Chaque lieu a proposé des présentations et des échanges. Au temple Fo Guang Shan, une exposition photographique a abordé le bouddhisme humaniste, l'éducation et la compassion.

Gestes symboliques et cérémonie de clôture

Les participants ont également planté un olivier au Jardin du partage des savoirs, en présence d'élus municipaux, et observé une minute de silence en mémoire des victimes de la haine, de la violence et des guerres. L'événement s'est achevé par une célébration interspirituelle au temple Fo Guang Shan, réunissant des voix bouddhistes, juives, musulmanes, catholiques, protestantes et hindoues. Lectures, chants, méditations et discours ont tourné autour des thèmes de la mémoire, de la fraternité et de l'espérance.

Appel à la vigilance et à la solidarité

Laurent Grzybowski, président de CINPA-Osons la fraternité, a déclaré que le dialogue doit être plus qu'une simple politesse entre responsables religieux et que « les artisans du dialogue doivent devenir une force de vigilance et de solidarité ». Il a insisté sur la nécessité de rejeter les amalgames et de dénoncer les attaques contre une communauté, même lorsqu'on ne partage pas sa foi.

Objectifs à long terme et évaluation

Philippe Merlin, membre actif de l'Esplanade des religions et des cultures, a souligné que les quarante idées formulées lors de l'événement constituent une base de travail et demandent à être approfondies, à être portées par la mobilisation des habitants et à faire l'objet d'une mesure des réalisations effectives. Il a insisté sur le fait que la véritable évaluation de l'événement se fera dans les mois suivant le 25 octobre, car il ne s'agit plus seulement de montrer que des religions différentes peuvent se rencontrer sans s'affronter, mais de contribuer à une société plus juste et plus fraternelle.

Héritage des initiatives interreligieuses passées

L'esprit de la rencontre historique d'Assise, en 1986, qui visait à promouvoir la paix par le dialogue, continue d'inspirer de nouvelles formes de fraternité. L'olivier planté à Bussy-Saint-Georges symbolise l'engagement durable en faveur d'une société plus juste et plus fraternelle.