Une exposition sur l'image et la mémoire

« Parallax », exposition consacrée à l'artiste canadien Stan Douglas, interroge le pouvoir de l'image et les récits qui façonnent la mémoire collective. Elle est actuellement présentée au Jeu de Paume, à Paris.

Des œuvres clés couvrant plusieurs décennies de carrière

L'exposition réunit plusieurs décennies de recherches de Douglas et comprend des œuvres majeures telles que Overture (1986), Abbott & Cordova, 7 August 1971 (2008), The Secret Agent (2015) et un remake récent du film Naissance d'une nation (2025) de D.W. Griffith, réalisé en 1915.

Un titre emprunté à un concept scientifique

Le titre de l'exposition s'inspire de la notion de « parallaxe » en optique et en astronomie, qui désigne le déplacement apparent d'un objet lorsque le point de vue de l'observateur change. Cette métaphore sert à aborder une pratique aux multiples facettes, mêlant photographie, cinéma et vidéo, qui ne cesse de modifier les perspectives.

Une histoire pensée comme une constellation

L'exposition propose une méthode de dialogue entre les œuvres clés, réaffirmant l'approche de Douglas de l'histoire comme une « constellation » au sens adornien : un espace de pensée où coexistent des temporalités différentes. L'artiste procède par condensation et reconstitution, en réactualisant des événements passés pour révéler des questions non résolues dans le présent.

Une exposition critiquée pour son excès de perfection

Pourtant, malgré la puissance conceptuelle du projet et l'intelligence des opérations de transposition, l'exposition souffre d'un excès de maîtrise. Les œuvres sont présentées dans un environnement doucement obscurci, apparaissant parfois comme des dispositifs trop lisses, presque désincarnés.

La perfection risque de faire perdre la complexité

En fabriquant de toutes pièces chaque accessoire afin d'atteindre une « qualité de nature » paradoxale, l'image perd sa complexité intrinsèque et devient une pure démonstration de savoir-faire de studio. Le travail de l'archiviste et du metteur en scène disparaît sous un fini si parfait qu'il finit par étouffer l'accident, le doute ou la complexité du réel.

L'exposition se poursuit jusqu'au début de 2027

L'exposition se tient au Jeu de Paume, à Paris, jusqu'au 10 janvier 2027.