En Argentine, les librairies font face à une crise croissante, avec des ventes en forte baisse une fois ajustées à l’inflation. Selon la Federación Argentina de Librerías, Papelerías y Afines (FALPA), les librairies indépendantes ont enregistré un recul de 41,5 % de leurs revenus réels entre janvier et août 2023 et la même période en 2026. Le rapport de la fédération, basé sur les données de 1 200 magasins, révèle également une baisse de 25 % du volume des ventes. La hausse des coûts des services, des communications, du transport et de la logistique a encore aggravé la situation : ce qui coûtait 100 pesos en 2023 coûte désormais 131,1 pesos, mais seulement 58,5 pesos de cette somme initiale subsistent en 2026 en raison de l’inflation. La FALPA a qualifié la situation d’« urgence » pour les librairies et appelle à une action politique immédiate. La fédération demande la mise en œuvre effective de la loi 25.542, qui impose un prix unique pour les livres, ainsi que des mécanismes de crédits d’impôt, un financement spécifique pour les librairies indépendantes et une réduction des frais d’expédition pour les livres. Elle souhaite également que les librairies locales et régionales soient incluses dans les achats institutionnels. Pour remédier à la crise, la FALPA propose la création d’une Table nationale du livre et des librairies, qui réunirait les autorités publiques, les libraires, les éditeurs, les distributeurs et les auteurs afin de trouver des solutions. Jorge García, président de la FALPA, s’est adressé aux législateurs pour présenter l’« urgence librairie » au Congrès. Pendant ce temps, la province de Córdoba a pris une mesure concrète en distribuant 50 000 livres aux écoles secondaires, aux instituts de formation des enseignants et à d’autres espaces éducatifs. Les ouvrages ont été achetés auprès de 27 éditeurs locaux et régionaux pour un budget de 550 millions de pesos. Cependant, tous les livres distribués ne proviennent pas de ce fonds : certains ont été fournis par l’Agencia Córdoba Cultura, la Biblioteca Córdoba et une donation de l’éditeur Comunicarte. Des préoccupations similaires émergent au Mexique, où la Cámara Nacional de la Industria Editorial Mexicana (CANIEM) a également demandé à la présidente Claudia Sheinbaum de prendre des mesures urgentes. Celles-ci incluent l’application du prix unique pour les livres, l’ajustement des taxes pour les libraires et les distributeurs, l’augmentation des acquisitions pour les bibliothèques et le renforcement des politiques nationales de lecture. En Argentine comme au Mexique, les questions de prix des livres, des achats institutionnels et de la survie des points de vente physiques sont de plus en plus perçues comme des défis interconnectés nécessitant des solutions coordonnées.