Ces derniers mois, les régions orientales de la République centrafricaine ont été le théâtre d’une série d’attaques attribuées à l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), un groupe rebelle ougandais tristement célèbre pour ses méthodes brutales durant les années 1990 et 2000. La LRA est responsable de nombreux massacres et de l’enlèvement massif d’enfants, beaucoup d’entre eux étant contraints de combattre ou d’être réduits en esclavage. Son chef, Joseph Kony, fait l’objet d’un mandat d’arrêt international émis par la Cour pénale internationale (CPI) il y a plus de vingt ans. Malgré les efforts déployés à l’échelle mondiale, Kony reste en fuite, et la résurgence récente du groupe suscite des inquiétudes quant à la sécurité régionale. Le retour de la LRA sous les projecteurs a surpris de nombreux observateurs, alors que le groupe était largement considéré comme affaibli ces dernières années. Pour mieux comprendre les raisons de cette résurgence, nous avons interrogé Leonie von Braun, responsable des enquêtes à la CPI dans l’affaire Joseph Kony. Von Braun suit de près les activités du groupe et analyse son influence persistante dans la région. Selon von Braun, plusieurs facteurs pourraient expliquer la résurgence de la LRA. Parmi eux figurent l’instabilité persistante en République centrafricaine, qui crée un environnement propice aux déplacements des groupes armés. Par ailleurs, l’absence de gouvernance solide et de sécurité dans certaines zones facilite grandement les opérations de la LRA sans rencontrer de résistance significative. Von Braun a souligné que les activités du groupe ne représentent pas seulement une menace pour la paix régionale, mais aussi un défi pour la justice internationale, dans la mesure où la liberté persistante de Kony sape l’autorité de la CPI. Cette situation préoccupe les communautés locales ainsi que les organisations internationales. Les tentatives pour traduire Kony en justice se poursuivent, mais sa capture reste insaisissable. Von Braun a insisté sur l’importance d’une coopération internationale continue et d’un soutien aux forces de sécurité régionales pour contrer la menace que représente la LRA. La CPI travaille en étroite collaboration avec les autorités locales et ses partenaires pour suivre les mouvements du groupe et traduire en justice les responsables de ses crimes.