La communauté économique corse se prépare pour l’élection présidentielle de 2027 en mettant en avant ses préoccupations et en cherchant à influencer l’agenda politique. Vendredi, le MEDEF Corse, une organisation patronale représentant les entrepreneurs locaux, a organisé un débat dans la Grande Galerie du Palais Fesch à Ajaccio. L’événement a réuni des représentants de six partis politiques pour discuter des principaux défis économiques et sociaux auxquels l’île est confrontée. L’objectif était d’aligner les priorités politiques sur les réalités des entreprises corses et les besoins du territoire. Parmi les participants figuraient François-Xavier Ceccoli, député Les Républicains ; Robin De Mari, de la coordination corse de La France insoumise ; Jean-Baptiste Luccioni, maire de Pietrosella et représentant du Parti socialiste ; Laurent Marcangeli, député et chef du groupe Horizons & Indépendants ; Jean-Charles Orsucci, maire de Bonifacio et porte-parole de Gabriel Attal ; ainsi que Christophe Versini, délégué du Rassemblement national en Corse. Les échanges ont porté sur des thèmes économiques majeurs tels que la fiscalité, la dette publique, les procédures administratives, l’emploi, le logement des salariés, les transports, l’énergie et la transmission des entreprises. Un sondage national réalisé par le MEDEF avec l’institut OpinionWay a révélé que 82 % des chefs d’entreprise en France, dont 400 en Corse, sont pessimistes quant à l’impact des politiques économiques du prochain président sur leurs activités. Les principales inquiétudes concernent les impôts et charges élevés, la complexité des démarches administratives, l’instabilité des réglementations et le manque de visibilité économique. En Corse, ces enjeux sont aggravés par des défis spécifiques qui rendent l’économie locale plus vulnérable. Jean-Louis Albertini, président du MEDEF Corse, a alerté sur la dégradation de la santé des entreprises insulaires, devenue plus fragile. Il a souligné que l’insularité de l’île augmente les coûts de production, limite l’accès aux approvisionnements et réduit la compétitivité des entreprises. Albertini a suggéré qu’un statut fiscal spécifique pour la Corse pourrait aider à atténuer ces désavantages structurels. L’événement a également été marqué par la présentation d’une étude sur le logement des salariés en Corse, menée par l’Institut Enterritoires pour le MEDEF Corse. Ce rapport propose 26 solutions pour améliorer l’accès au logement et réduire les difficultés de recrutement. Parmi elles figurent la construction de logements à proximité des lieux de travail, l’utilisation des terrains disponibles, la remise sur le marché des logements vacants, la promotion des baux annuels et le soutien aux projets immobiliers portés par les entreprises. Albertini a insisté sur l’urgence de traiter cette question, notant qu’une part importante du parc immobilier est constituée de résidences secondaires, avec peu de logements accessibles aux travailleurs locaux. Il a plaidé pour un développement maîtrisé, conciliant les besoins économiques avec la préservation de l’environnement naturel et garantissant une proximité entre logements et centres d’emploi. Cette initiative s’inscrit dans la stratégie plus large du MEDEF Corse, intitulée « Corsica 2030 », qui vise à créer un modèle de développement économique durable pour l’île. Les axes prioritaires incluent le logement, les transports, la fiscalité, l’énergie, la diversification des activités économiques et la formation de la main-d’œuvre. Le MEDEF Corse, qui représente plus de 300 entreprises et six fédérations professionnelles employant plus de 17 500 personnes, espère que les préoccupations des entreprises locales seront prises en compte dans les futures politiques économiques.