Depuis 2024, le Togo a lancé un programme financier soutenu par le Fonds monétaire international (FMI) axé sur l’augmentation des recettes comme élément clé de ses efforts pour stabiliser son budget. L’objectif est d’élargir le nombre de personnes et d’entreprises contribuant à l’impôt sans freiner la croissance économique. Le gouvernement vise à percevoir 2 109 milliards de francs CFA d’impôts d’ici 2031, comme le prévoit la Stratégie de mobilisation des recettes à moyen terme 2027-2031 (SRMT). Cette stratégie, présentée au secteur privé à Lomé le 6 octobre 2026, détaille les réformes fiscales et douanières prévues pour les années à venir. Le plan met l’accent sur l’augmentation des recettes intérieures tout en garantissant la compétitivité du secteur privé. Actuellement, la pression fiscale du Togo – c’est-à-dire la part des impôts collectés par rapport à la taille de l’économie – reste inférieure à la moyenne de l’Union africaine, fixée à 20 % du PIB. En 2025, ce chiffre s’élevait à 13,1 %. Les responsables estiment qu’il existe une marge de progression, car l’écart entre les niveaux actuels et le potentiel de collecte fiscale est important. Kpowbié Tchasso Stéphane Akaya, secrétaire général du ministère de l’Économie et des Finances, a indiqué que la SRMT vise à porter les recettes fiscales de 1 043,7 milliards de francs CFA en 2026 à 2 109 milliards en 2031. Les méthodes clés incluent l’élargissement de l’assiette fiscale, l’utilisation d’outils numériques pour collecter les impôts de manière plus efficace et une gestion plus rigoureuse des dépenses liées à la fiscalité. Au 30 juin 2026, l’Office togolais des recettes (OTR) avait déjà collecté 507,82 milliards de francs CFA, soit 14,3 % de plus que sur la même période l’année précédente, et représentant 46,3 % de l’objectif annuel de 1 338,9 milliards de francs CFA. Une partie majeure de la stratégie repose sur l’utilisation des technologies numériques pour améliorer la collecte des impôts et la transparence. Par exemple, la loi de finances 2026 a introduit les factures électroniques certifiées, qui permettent de mieux suivre les transactions et de gérer la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) de manière plus efficace. L’OTR a également commencé à dématérialiser certaines obligations fiscales, comme le système e-TPU lancé en septembre 2026. Ce système permet aux contribuables éligibles de déclarer et de payer en ligne l’impôt unique sur les professions, simplifiant ainsi les démarches. Pour les entreprises, le défi consiste à s’assurer que ces changements ne créent pas d’incertitudes. Laurent Coami Tamegnon, président du Conseil national des employeurs, a salué la création de nouveaux organes administratifs, comme la Commission de recours administratif et la Commission administrative des litiges douaniers. Ces instances sont conçues pour offrir une clarté juridique et protéger les entreprises alors que le gouvernement cherche à augmenter les recettes fiscales. Le gouvernement a souligné que la SRMT ne vise pas à surcharger les contribuables, mais à mieux mobiliser les ressources disponibles. Pour y parvenir, un comité dédié supervisera la mise en œuvre de la stratégie, avec des revues prévues en 2029 et 2031. L’objectif est de concilier la nécessité d’augmenter les recettes avec celle de maintenir un environnement stable et prévisible pour les entreprises, garantissant ainsi que l’économie togolaise continue de croître tout en atteignant ses objectifs financiers.