Des marques de cosmétiques font des dons à des causes liées au cancer en octobre, mais leurs produits contiennent des substances controversées, suscitant des critiques alors que #pinkwashing gagne du terrain.
Des marques de cosmétiques font la promotion de campagnes roses pour la sensibilisation au cancer
En octobre, les marques de cosmétiques proposent à leurs clientes d'acheter des produits de soin et de maquillage en échange d'un soutien financier à la lutte contre le cancer. Cette initiative, souvent signalée par des emballages aux couleurs roses, est devenue une stratégie marketing courante pendant ce mois.Des substances controversées dans les produits roses
Pourtant, ces mêmes produits contiennent des substances controversées. Reporterre a analysé certaines étiquettes et constaté que des marques comme Bourjois Paris et Mavala lient les achats à des dons pour la recherche contre le cancer, mais que leurs produits contiennent des ingrédients qui suscitent des inquiétudes sanitaires.Un malaise grandissant chez les patientes atteintes de cancer
Bien que la cause soit légitime et l'objectif louable, ces campagnes marketing suscitent un malaise croissant chez les patientes et anciennes patientes. Le mot-clé #pinkwashing, qui dénonce l'exploitation commerciale du ruban rose, gagne en popularité sur les réseaux sociaux, en particulier contre l'industrie cosmétique.Des experts signalent des ingrédients préoccupants
Reporterre a examiné la composition de plusieurs produits étiquetés « Octobre rose » en s'appuyant sur les avis de deux expertes en cosmétique, Anne Dubost et Zoé Kerlo. Elles ont identifié des ingrédients préoccupants, comme le BHT et le phénoxyéthanol, tous deux soupçonnés d'être des perturbateurs endocriniens, ainsi que des dérivés du polyéthylène glycol, qui peuvent générer des sous-produits nocifs.Des inquiétudes concernant les huiles minérales dans les produits pour les lèvres
Le duo de gloss à l'huile infusée de Bobbi Brown Cosmetics contient des huiles minérales et des cires, qui peuvent générer des impuretés classées comme cancérogènes et/ou génotoxiques par l'Autorité européenne de sécurité des aliments. Ces substances, lorsqu'elles sont utilisées dans des produits pour les lèvres susceptibles d'être ingérés, suscitent de sérieuses inquiétudes pour la santé.Des substances interdites dans les produits roses
Le dioxyde de titane, interdit comme additif alimentaire en France et en Europe, est présent dans certains produits et est soupçonné d'être génotoxique. D'autres ingrédients, comme le méthoxycinnamate d'éthylhexyle et l'hydroxyde d'aluminium, sont soit très problématiques, soit classés comme présentant des risques modérés.Silicones et parfums de synthèse dans le maquillage
Des dérivés plastiques comme le diméthicone et les parfums de synthèse, qui peuvent masquer des centaines de substances chimiques, sont couramment retrouvés dans les produits de maquillage. Certains silicones sont déjà interdits ou font l'objet d'un examen en vue d'une restriction dans les cosmétiques.Réponses de l'industrie et origine du ruban rose
Estée Lauder Companies a réaffirmé son engagement en faveur de la sécurité de ses produits, tandis que Mavala et Bourjois Paris n'ont pas répondu aux demandes d'informations. Le ruban rose, symbole de la sensibilisation au cancer du sein, a été créé en 1992 par Evelyn Lauder, vice-présidente d'Estée Lauder, puis introduit en France avec l'aide du magazine Marie Claire.