Les champignons sauvages disparaissent en France à cause d'une sécheresse extrême, touchant les cueilleurs et les écosystèmes.
Les champignons sauvages se font rares
Les champignons sauvages deviennent rares en France en raison d'une longue période sans pluie, selon les témoignages de cueilleurs et de spécialistes. Cette situation touche aussi bien les cueilleurs professionnels que les amateurs, qui peinent à trouver des récoltes aussi abondantes que d'habitude.Une sortie de cueillette peu fructueuse
Marianna Muneretto, de l'association mycologique de Toulouse, a conduit une sortie de cueillette dans la forêt communale de Rieumes (Haute-Garonne) avec quatre apprentis cueilleurs. Le groupe n'a trouvé que trois champignons, aucun comestible, et seul un polypore écailleux a été jugé digne d'être présenté aux étudiants en pharmacologie de Toulouse.Une sécheresse en cause
Simon Mittelberger, climatologue à Météo-France, qualifie la situation actuelle de manque d'eau « record », qu'il attribue à une « sécheresse exceptionnelle cet été » et à un mois de septembre « très déficitaire » en précipitations. Il précise que les pluies récentes ont permis aux sols d'absorber un peu d'eau, mais que ceux-ci restent trop secs pour retrouver des niveaux normaux pour la saison.Le mycélium touché par la sécheresse
Catherine Lenne, enseignante-chercheuse en botanique à l'université Clermont-Auvergne, explique que le réseau souterrain de filaments appelé « mycélium », qui constitue le véritable corps du champignon, a pu souffrir de la sécheresse. Elle avance que le système est peut-être simplement ralenti et pourrait se rétablir dès que l'eau redeviendra disponible.Un impact personnel pour les cueilleurs
Luc Peletengeas, 75 ans, l'un des cueilleurs, fait remarquer qu'il y a longtemps qu'il n'a pas rapporté un panier entier de champignons. Il souligne la rareté des pluies en août ou en septembre, se remémorant son enfance en Périgord, où les champignons sont considérés comme une « religion ».