En Europe, les centres de données — ces vastes bâtiments abritant les serveurs des services internet et informatiques — consomment une quantité croissante d’énergie et d’eau, mais les informations détaillées sur leur utilisation restent floues. Le 30 septembre 2026, l’ONG néerlandaise Lighthouse Reports a déposé une plainte contre la Commission européenne auprès de la Convention d’Aarhus, un accord international garantissant l’accès du public aux informations environnementales. Selon un rapport de 2025, les centres de données du continent ont utilisé 20,7 térawattheures d’électricité, soit l’équivalent de la consommation énergétique totale de la Croatie. Ils ont également consommé plus de 8 millions de mètres cubes d’eau. Bien que la Commission européenne ait partagé ces chiffres via un tableau de bord en ligne, elle n’a pas fourni de données individuelles pour chaque centre. De nouveaux centres de données ouvrent régulièrement, et leur utilisation continue d’augmenter.
La demande énergétique du secteur a bondi de 26 % entre 2023 et 2024, tandis que l’utilisation d’eau a augmenté de 52 % sur la même période. Cependant, plusieurs pays n’ont fourni que des données partielles, rendant difficile une vision précise au niveau européen. Le tableau de bord officiel présente de nombreuses cases vides pour des indicateurs clés. Une directive de 2024 empêche l’Union européenne et ses États membres de publier des données sur les opérateurs individuels. Cette mesure a été soutenue par les grandes entreprises technologiques, qui estiment que cette transparence pourrait nuire à leurs intérêts commerciaux. Résultat : la Commission ne peut partager que des totaux agrégés, sans détails spécifiques sur chaque centre de données. Ce manque de transparence rend impossible toute comparaison de l’impact environnemental des différents centres, que ce soit pour les citoyens ou les responsables politiques.
Depuis 2005, l’UE applique la Convention d’Aarhus, qui garantit le droit d’accès du public aux informations environnementales. Lighthouse Reports affirme que l’UE a érigé un « mur de silence » autour des centres de données en refusant de divulguer des informations détaillées. L’ONG souligne que les données limitées disponibles ne sont pas exploitables pour une analyse approfondie. Dix États membres ont même affirmé ne pas disposer des données nécessaires sur leurs propres centres de données. En France, le ministère de la Transition écologique a fourni un fichier contenant des données incomplètes et peu claires, difficiles à exploiter.
Le comité de conformité de la Convention d’Aarhus devra se prononcer en novembre sur la recevabilité de la plainte. En cas de défaite de l’UE, cela pourrait être interprété comme un manquement à ses propres objectifs climatiques. Cette affaire pourrait faire jurisprudence pour d’autres secteurs tenus de partager des données environnementales. La Commission européenne n’a pas encore réagi à la plainte. Le 21 septembre, elle a présenté un système de notation des centres de données, allant de A à G, basé sur leur efficacité énergétique, leur consommation d’eau et la part d’énergies renouvelables utilisées. Ce système entrera en vigueur en 2027, mais il repose sur des ratios plutôt que sur des mesures concrètes, ce qui rend impossible la détermination exacte de l’empreinte carbone d’un centre.
L’UE vise à tripler sa capacité en centres de données pour rivaliser avec des concurrents mondiaux comme les États-Unis et la Chine. Le développement rapide de l’intelligence artificielle accroît la demande en puissance de calcul. Dans le même temps, les communautés locales protestent contre la hausse des coûts de l’électricité. Les 27 pays de l’UE se trouvent désormais face à un dilemme : investir dans davantage de centres de données pour rester compétitifs à l’échelle mondiale ou exiger plus de transparence sur leur impact environnemental. Aux Pays-Bas, près de la moitié des centres de données n’ont toujours pas communiqué leurs données aux autorités.
L'utilisation énergétique des centres de données européens sous surveillance en raison de clauses de confidentialité
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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