L'état financier du BHV révélé

Le grand magasin parisien BHV affiche plus de 120 millions d'euros de dettes, pour moins de 1,5 million d'euros de liquidités, selon un audit du cabinet EY cité par Libération. Cette situation financière a conduit à évoquer une cessation des paiements, un statut juridique qui signifie qu'une entreprise n'est pas en mesure de faire face à ses obligations financières.

Détail des dettes et des obligations

Les dettes comprennent plus de 100 millions d'euros dus à des fournisseurs, dont plus de 40 millions d'euros spécifiquement dus aux anciens propriétaires et dirigeants des Galeries Lafayette. D'autres dettes s'ajoutent, soit 10 millions d'euros de charges sociales et plus de 2 millions d'euros d'impôts, ce qui illustre la gravité de la crise financière.

Des déclarations contradictoires de la direction

La direction avait affirmé que le grand magasin n'était pas en cessation des paiements, mais l'audit a confirmé que l'entreprise se trouvait dans cette situation au 31 août. Cette contradiction soulève des interrogations sur la transparence de la situation financière de l'entreprise et sur sa gouvernance.

Demande de redressement judiciaire

Karl-Stéphane Cottendin, actuel dirigeant de l'entreprise, a demandé un redressement judiciaire afin de poursuivre le redressement du magasin et de protéger les emplois. Cette démarche intervient alors que le chiffre d'affaires annuel de l'entreprise a fortement chuté, passant de 170 millions d'euros en 2025 à seulement 20 millions d'euros cette année.

Choix du tribunal de Lyon et stratégie

Bien que le BHV Marais soit situé à Paris, le siège de l'entreprise a été transféré à Lyon en février. Cette décision soulève des questions quant au tribunal compétent et aux choix stratégiques de la direction, laissant supposer une familiarité avec les procédures judiciaires locales.

Actions en justice et liens passés

Le parquet de Paris a été informé à la mi-juillet de la présumée cessation des paiements par l'inspection du travail. Cette affaire fait suite au départ de Frédéric Merlin, ancien président de la Société des grands magasins, qui a cédé le BHV Marais à Cottendin à perte. Les deux hommes restent liés à cette affaire.

Différend avec Brookfield

Cottendin accuse Brookfield, le fonds canadien propriétaire des murs du grand magasin, de ne pas honorer ses engagements financiers. Brookfield dément, affirmant qu'il ne doit aucune somme au BHV et pointe au contraire des obligations non remplies de l'exploitant du magasin.

Avenir incertain pour les salariés

L'avenir du BHV dépend désormais des décisions de justice, une audience étant prévue à Paris. Environ 700 salariés sont toujours employés et attendent des éclaircissements sur la sécurité de leur emploi et sur l'avenir du magasin.