Une conférence de presse à Paris a révélé le mobile raciste de l'attaque de Trappes, le suspect ayant visé des musulmans et des Africains. Un important rassemblement est prévu pour honorer les victimes.
La motivation de l'attaque confirmée par le suspect
Lors d'une conférence de presse jeudi 29 octobre, à Paris, le procureur national antiterroriste Olivier Christen a détaillé les déclarations de Kevin Tessier, l'auteur présumé de l'attaque du 23 octobre à Trappes. Tessier a reconnu avoir visé des personnes de confession musulmane ou d'origine africaine ou nord-africaine, et il a choisi Trappes, une commune des Yvelines, car il la croyait refuge pour les islamistes. Ce mobile, que le suspect avait jusqu'alors contesté, est désormais établi par ses propres déclarations.Détails de l'attaque révélés
L'attaque a eu lieu le 23 octobre : Tessier a conduit sa voiture et ouvert le feu avec un pistolet-mitrailleur sur un trajet d'environ douze kilomètres, de Trappes à La Verrière. Les procureurs ont identifié huit lieux de crime et indiqué que 128 balles avaient été tirées en moins de vingt minutes. À la station-service Esso du boulevard Martin-Luther-King, le tireur est sorti de son véhicule et a tiré sur un autre véhicule ainsi que sur les personnes présentes, blessant grièvement un homme à l'entrée du magasin.Victimes et conséquences
Pengo Bossio Wangi, un Français de 26 ans, combattant amateur de MMA, a été tué sur le troisième lieu du crime. Sept autres personnes ont été blessées, dont une fillette de 12 ans. Tessier a été arrêté à 10 h 20 à Coignières ; les enquêteurs ont trouvé dans son véhicule un pistolet-mitrailleur Sten de 9 mm, des chargeurs, un pointeur laser, un couteau, une grenade lacrymogène, une paire de menottes et un brassard de police. Son appartement avait été piégé avec un dispositif destiné à le détruire. Jeudi, le procureur a indiqué que trois des quatre blessés graves restaient hospitalisés, dont l'un dont le pronostic vital demeurait incertain.Préparation et déclarations du suspect
Tessier, mis en examen par un juge antiterroriste, a reconnu avoir prémédité son acte et avoir tiré par rafales. Le procureur a insisté sur une « préparation très minutieuse de l'acte criminel », relevant que Tessier avait acquis des éléments d'amélioration d'armes ainsi qu'un brassard de police dès le 3 septembre. La perquisition de son domicile a permis de découvrir des armes, un exemplaire de Mein Kampf et des autocollants nationalistes. Tessier conteste toute intention terroriste et présente son acte comme « légitime ». Les examens psychiatriques réalisés pendant la garde à vue n'ont révélé aucun trouble justifiant une hospitalisation.Réaction de la société civile
L'Association de défense contre les discriminations et les actes antimusulmans (ADDAM) a déclaré que les révélations du procureur confirment la gravité des alertes qu'elle lance depuis le début de l'attaque. L'ADDAM a souligné la dimension raciste et antimusulmane de l'attaque, et demandé à la justice d'établir l'ensemble des circonstances et des responsabilités. L'association avait précédemment contacté le ministre de l'Intérieur pour demander une vigilance et des mesures de sécurité pour les lieux de culte.Inquiétudes face à la haine et à la sécurité
L'ADDAM s'inquiète du climat de haine et d'intimidation, citant des commentaires racistes et antimusulmans en ligne ainsi que des menaces visant la mosquée de Lodève. L'association insiste sur la nécessité de renforcer les patrouilles de police et de gendarmerie autour des mosquées, en particulier lors des prières du vendredi, et appelle à une coordination entre les préfets et les autorités religieuses locales.Hommages communautaires prévus
Un grand rassemblement est prévu à Trappes le vendredi 30 octobre, à 18 heures, place des Merisiers, à l'appel du maire, Ali Rabeh. Plusieurs milliers de personnes sont attendues, des invitations ayant été lancées par la LDH et plusieurs syndicats. Plus tôt dans l'après-midi, La Verrière rendra hommage aux victimes devant sa mairie.