Des candidats débattent de la crise de la presse lors d'une réunion à Paris

Des candidats à l'élection présidentielle française de 2027 se sont réunis à Paris pour aborder les défis auxquels la presse est confrontée, notamment l'impact des réseaux sociaux et de l'intelligence artificielle sur les médias traditionnels. L'événement était organisé par l'Alliance de la presse d'information générale (Apig), un groupement représentant près de 300 quotidiens et hebdomadaires.

La presse perd peu à peu sa présence locale

Selon l'Apig, un tiers des Français ont déjà vu disparaître un journal ou un média local près de chez eux. Ce recul a conduit à la publication d'un manifeste intitulé Le droit à l'information, qui présente neuf propositions politiques visant à soutenir la presse et à garantir au public l'accès à une information fiable.

Les candidats s'accordent sur la taxation des plateformes numériques

Les candidats sont parvenus à un consensus sur la nécessité d'empêcher le « pillage » des contenus de presse par les entreprises d'intelligence artificielle, ainsi que sur la mise en place d'une taxe européenne sur les plateformes numériques. Ils ont également envisagé la possibilité de réaffecter à la presse les amendes infligées aux géants du numérique et d'imposer qu'une part des revenus publicitaires soit reversée aux publications.

Des divergences sur les aides publiques aux médias

Si la plupart des candidats ont soutenu des mesures visant à mieux taxer les plateformes numériques, les avis ont divergé sur la question du financement public de la presse. Philippe Ballard, représentant du Rassemblement national, a proposé de réduire les aides publiques directes à la presse, estimant qu'il n'y a plus d'argent disponible. Cette position a été contestée par les responsables de la presse, qui ont souligné que la presse imprimée génère encore la majeure partie de leurs revenus.

Appels à l'indépendance et à la réforme des médias

Manuel Bompard, de La France insoumise, a plaidé pour libérer les médias de l'emprise de l'argent en s'opposant à la concentration des médias. Il a également proposé de lier les aides à la presse à des critères « sociaux » et de « gouvernance », et suggéré que les journalistes aient leur mot à dire lors des changements à la tête des rédactions. Toutefois, la plupart des candidats restent incertains quant à la manière de bâtir un modèle économique durable pour la presse.

S'inspirer du modèle de l'exception culturelle

Édouard Philippe a comparé la situation de la presse à l'exception culturelle française, qui s'appuie sur des financements spécifiques pour soutenir les secteurs culturels. Il a insisté sur l'importance d'un public informé pour la démocratie et appelé à un financement qui garantisse la réalité du débat public. L'Apig défend depuis longtemps l'éducation aux médias comme une priorité nationale, mais ces propositions n'ont pas encore été traduites en lois.