Des maires réclament davantage de pouvoirs

Édouard Philippe, maire du Havre et candidat à l'élection présidentielle, a demandé au gouvernement d'accorder aux maires et aux polices municipales davantage de pouvoirs et de moyens, à la suite de récents épisodes de violences urbaines qu'il décrit comme d'une « gravité exceptionnelle ».

Accent sur les besoins des forces de l'ordre

Dans une lettre datée du 20 octobre adressée au Premier ministre Sébastien Lecornu, Édouard Philippe exhorte l'exécutif à « prendre des mesures pour donner plus de pouvoirs aux maires et à leurs polices municipales », estimant que cela permettrait de maintenir l'ordre et d'éviter que de nouveaux incidents comme les violences du 17 octobre ne se reproduisent.

Critique des retards législatifs

Édouard Philippe appelle à l'adoption rapide d'un projet de loi élargissant les pouvoirs des polices municipales. Ce texte a déjà été approuvé par le Sénat et par une commission des lois, mais il attend toujours d'être débattu à l'Assemblée nationale. Il affirme que le 17 octobre, « il aurait fallu disposer de davantage de forces pour prévenir, dissuader, rassurer ou défendre ».

Restrictions juridiques actuelles

En France, les agents de police municipale sont actuellement limités dans leur capacité à sanctionner une personne en train de tagguer, à relever l'identité hors de cas précis, ou à travailler aux côtés de la police nationale pour protéger les bâtiments publics. Édouard Philippe critique ces limitations et juge « absurde » que des agents soient souvent armés de pistolets sans pouvoir utiliser de grenades de maintien de l'ordre.

Utilisation proposée de technologies

Dans sa lettre, Édouard Philippe demande à Sébastien Lecornu de mettre en œuvre certaines dispositions de la loi Ripost, qui permettrait le recours à la surveillance algorithmique. Il sollicite également l'autorisation pour les maires d'utiliser la reconnaissance faciale, sous contrôle judiciaire, afin de protéger les bâtiments publics lors de manifestations à haut risque.

Contexte politique et soutiens

Édouard Philippe critique le récent discours du président Emmanuel Macron, qu'il juge révélateur d'un « manque d'initiatives », et affirme que « notre pays a besoin d'être commandé ». Toutefois, les récents sondages suggèrent que son soutien recule, et il pourrait ne pas se qualifier pour le second tour de l'élection présidentielle.

Réponse du gouvernement prévue

Face aux mobilisations annoncées, le Premier ministre Sébastien Lecornu a promis un déploiement policier « massif » pour gérer d'éventuels troubles.