Une police municipale restée dans ses casernes pendant les violences

Samedi, la police municipale de Paris ne s'est pas activement déployée dans les rues pendant les violences, selon Anthony Samama, adjoint au maire du 15e arrondissement chargé de la police municipale, de la sécurité publique, de la prévention et de l'aide aux victimes. M. Samama a indiqué que le commandement de la police municipale avait ordonné à toutes les divisions territoriales de rentrer dans leurs casernes et de ne pas en sortir, sauf pour des missions exceptionnelles et des cas très précis.

Désaccord sur l'activité de la police

Ariel Weil, maire socialiste de Paris-Centre, a affirmé que la police municipale avait été active pendant les violences, mais M. Samama a contesté cette version, affirmant que plus de 90 % des effectifs étaient restés confinés dans leurs casernes. Selon lui, la police municipale, armée uniquement de matraques et de grenades lacrymogènes, aurait été la cible des émeutiers en raison de ses uniformes de police bien visibles, tout en pouvant être utile pour dissuader les pillages.

Un rôle limité pour la police municipale

M. Samama a souligné que la police municipale aurait pu jouer un rôle complémentaire pour empêcher les pillages commis par de petits délinquants, même sans armes. Il a toutefois relevé que l'exécutif parisien avait choisi de ne pas les équiper d'armes létales, optant pour un modèle de police « Canada dry », composé, selon ses mots, de « boy-scouts ou de travailleurs sociaux ».

Critique du modèle policier

M. Samama a critiqué la position idéologique de l'exécutif parisien, estimant que le rôle de la police municipale n'est pas de sécuriser l'espace public, mais d'assurer une présence de proximité pour la prévention et la pacification. Selon lui, cette approche fonctionne dans les villages paisibles, mais pas dans une ville comme Paris, décrite comme la ville la plus délinquante de France.

Les réactions des agents face aux consignes

M. Samama a également indiqué que certains agents de la police municipale avaient été dégoûtés par l'ordre de rester dans leurs casernes et avaient envisagé de démissionner, tandis que d'autres s'étaient félicités d'être affectés à leur siège. Il a précisé que quelques agents étaient sortis dans de très rares exceptions, mais que personne n'avait désobéi à la consigne.

Un manque de préparation critiqué

M. Samama a dénoncé le manque de préparation de la préfecture de police et de la mairie de Paris, qui ont laissé dans les rues des poubelles, du matériel de chantier et des vélos, ensuite utilisés comme projectiles contre les policiers et les commerces. Il a exprimé l'espoir que les Parisiens demandent des comptes à leurs élus pour le chaos, quelle que soit leur appartenance politique.

Un appel à armer la police municipale

M. Samama a affirmé qu'il continuerait à demander l'armement de la police municipale, y compris l'usage de pistolets à impulsion électrique (tasers), lors du prochain Conseil de Paris. Il estime que l'exécutif parisien ne envisagera d'armer la police municipale que lorsqu'un agent sera blessé.