D'ici 2050, des villes africaines comme Luanda et Lagos vont connaître une forte croissance, exigeant une meilleure planification et des infrastructures pour soutenir le logement, l'emploi et les services.
Croissance urbaine en Afrique subsaharienne
D'ici 2050, les villes africaines devront accueillir une population en hausse et garantir l'accès au logement, aux transports, aux services essentiels et à l'emploi. Un rapport de la Banque mondiale intitulé Sub-Saharan Africa's Urban Awakening: Catalyzing Economic Growth and Job Creation souligne que Luanda, en Angola, pourrait devenir la ville la plus peuplée de la région, sa population devant passer de 11,4 millions d'habitants en 2025 à 20,3 millions en 2050.Projections démographiques et expansion urbaine
Lagos devrait passer de 12,8 à 16,2 millions d'habitants entre 2025 et 2050. D'autres villes, comme Addis-Abeba, Abidjan, Yaoundé et Bamako, devraient également connaître des hausses importantes. Le rapport estime que l'Afrique subsaharienne comptera environ 1,7 milliard de citadins en 2050, contre près de 913 millions en 2025.Moteurs de la croissance de la population urbaine
Le rapport indique que l'accroissement naturel, soit la différence entre les naissances et les décès, a représenté entre 68 et 78 % de la hausse de la population urbaine entre 1985 et 2025. Les besoins futurs en logements, en écoles, en services de soins et en transports dépendront largement de l'évolution des populations déjà installées dans les zones urbaines.Expansion urbaine et défis de la planification
La Banque mondiale souligne que 71 % de la croissance de la population urbaine d'ici 2050 devraient se produire au-delà des limites actuelles des villes, dans leurs périphéries, dans de petites agglomérations et dans des zones aujourd'hui rurales appelées à s'urbaniser. La superficie des villes devrait également augmenter d'environ 90 % sur la période.Les défis d'une croissance urbaine non planifiée
Les périphéries sont souvent mal préparées : les terrains sont divisés et bâtis avant que les grands axes routiers, les réseaux et les espaces publics n'aient été réservés. Il devient alors plus difficile et plus coûteux d'équiper les quartiers. À Dar es-Salaam, en Tanzanie, la construction de routes dans les secteurs non planifiés coûterait 15 à 25 % de plus que dans les secteurs planifiés.Stratégies de planification du développement urbain
La Banque mondiale préconise une approche en deux volets : planifier un réseau de routes principales et réserver les terrains nécessaires à leur réalisation, puis faciliter l'organisation des parcelles autour de ce réseau. Le rapport insiste également sur la nécessité de relier le logement à l'emploi et de se développer sans accroître les vulnérabilités.Infrastructures et développement économique
Les gains économiques liés à la croissance urbaine projetée d'ici le milieu du siècle dépendront de la capacité des entreprises à se regrouper et de celle des travailleurs à les rejoindre. Sans transports efficaces et infrastructures suffisantes, les quartiers restent fragmentés et les habitants ont du mal à accéder aux opportunités d'emploi.Investissements intégrés et réformes réglementaires
La Banque mondiale propose de coordonner les investissements dans l'aménagement de terrains destinés aux entreprises, aux services essentiels, aux transports et au logement abordable, plutôt que de les traiter comme des programmes distincts. Elle suggère également d'assouplir les règles de construction jugées trop restrictives, qui limitent l'offre de logements dans les zones bien situées.Exigences administratives et financières
Préparer les villes au boom démographique urbain nécessite des administrations capables de mettre en œuvre les plans et de financer les services. Le rapport recommande de clarifier les responsabilités publiques, de renforcer les compétences locales et de rendre les transferts financiers entre l'État et les collectivités locales plus prévisibles et plus transparents.Investissements ciblés et développement local
Les ressources publiques ne permettant pas d'équiper simultanément toutes les zones, le rapport suggère de concentrer les investissements sur les interventions capables d'améliorer les services, de soutenir l'activité et d'attirer des capitaux privés, sans disperser les ressources dans des projets mal reliés entre eux. Cette sélectivité concerne aussi les petites agglomérations, dont le rapport recense plus de 15 000 en Afrique subsaharienne.Autres actualités africaines
Parmi les autres faits marquants, l'Égypte lance la production de voitures électriques avec un partenaire chinois ; l'émission obligataire du Burkina Faso dépasse de 43 % son objectif initial ; le projet de loi de finances 2027 de l'Algérie prévoit 17,7 milliards de dollars pour les transferts sociaux ; le Sénégal relève le défi de passer de l'expérimentation de l'intelligence artificielle à son usage à grande échelle ; Google s'efforce, en Afrique, d'élargir l'accès à la formation grâce à des méthodes hors ligne ; l'événement Emergence 2026, à Lomé, met en avant des coproductions cinématographiques africaines et européennes ; et un voyage en Tunisie fait découvrir les paysages désertiques de Tataouine, les villages berbères et les lieux de tournage de Star Wars.