Denis Moreau, philosophe français et « catholique de gauche » autoproclamé, s’inquiète de l’influence croissante de l’extrême droite en France. Il s’appuie sur un concept issu de l’eschatologie chrétienne – l’idée d’un katechon, une force qui retarde l’avènement de l’Antéchrist – pour décrire ce qu’il considère comme une tendance politique préoccupante. Moreau, qui se revendique catholique et soutient généralement des candidats de gauche, a critiqué l’extrême droite pour ses liens historiques et contemporains avec la xénophobie, l’antisémitisme, l’autoritarisme et un patriotisme agressif. Selon lui, ces tendances menacent les valeurs démocratiques et la cohésion sociale. Moreau cite la montée en puissance sur le long terme du Front national, aujourd’hui rebaptisé Rassemblement national, comme un exemple marquant de cette évolution. Il rappelle la percée du parti lors des élections européennes de 1984, où il avait obtenu plus de 10 % des voix, marquant un tournant significatif dans la vie politique française. Un autre moment charnière est intervenu lors de l’élection présidentielle de 2002, lorsque Jean-Marie Le Pen, fondateur du parti, s’est qualifié de manière inattendue pour le second tour malgré ses positions controversées. Cet événement avait choqué une grande partie de l’opinion et révélé l’attrait croissant de l’extrême droite en France. L’influence persistante du Rassemblement national ces dernières années a également retenu l’attention de Moreau. Lors des élections présidentielles de 2017 et 2022, Marine Le Pen, fille de Jean-Marie Le Pen, a respectivement obtenu 33 % et 42 % des suffrages, illustrant la popularité durable du parti. En 2024, après la dissolution de l’Assemblée nationale par le président Emmanuel Macron, le Rassemblement national a frôlé la majorité aux législatives, sans toutefois l’atteindre. Malgré ce revers, Moreau estime que la situation reste particulièrement fragile. Face à ce qu’il perçoit comme une urgence, Moreau considère que le paysage politique français se trouve à un point critique. Il met en garde contre le risque que, sans changement significatif dans l’opinion publique ou les politiques menées, la montée de l’extrême droite ne creuse davantage les divisions et ne fragilise la démocratie. Ses propos reflètent une préoccupation plus large partagée par de nombreux intellectuels et observateurs politiques quant à l’évolution de la société française et aux forces qui façonnent son avenir.