La génération Z conservatrice se tourne vers Richard Nixon, portée par des vidéos virales et la volonté de remettre en cause les réformes de l'après-Watergate.
Les jeunes conservateurs de la génération Z se réapproprient Nixon
Un nombre croissant de jeunes conservateurs de la génération Z aux États-Unis manifestent un regain d'intérêt pour l'ancien président Richard Nixon, selon des reportages de The Economist et du Financial Times. Cette tendance a suscité des débats sur une fracture générationnelle au sein du mouvement conservateur, les plus jeunes exprimant une admiration pour Nixon qui contraste avec le point de vue des générations plus âgées.Les vidéos sur Nixon deviennent virales sur YouTube
Des vidéos montées autour de Nixon, souvent accompagnées de musique hip-hop, suscitent un vif intérêt sur YouTube. Un extrait très populaire associe sa célèbre dénégation « I am not a crook » (« Je ne suis pas un escroc ») à du gangsta rap. Ces vidéos sont produites par la Richard Nixon Foundation, qui gère la bibliothèque présidentielle Nixon, et elles attirent généralement des millions de vues en quelques minutes après leur publication.Nixon perçu comme victime de l'« État profond »
Certains conservateurs estiment que Nixon a été injustement pris pour cible par l'« État profond » (« deep state »), une expression désignant des hauts fonctionnaires influents qui, selon eux, agiraient de manière indépendante des dirigeants élus. Cette lecture rappelle la façon dont certains considèrent le traitement réservé à l'ancien président Donald Trump lors des enquêtes sur une collusion avec la Russie avant l'élection de 2016, comme le relève le Financial Times.L'héritage de Nixon et la nostalgie politique
Brendan Boreth, républicain à l'université du Montana, avance que le regain d'intérêt pour Nixon relève davantage d'une « nostalgie belliqueuse et populiste » que d'un attachement à des politiques précises, comme la détente ou le titre IX. Ce sentiment traduit un désir plus large, chez certains conservateurs, de remettre en cause les réformes de l'après-Watergate qui ont limité le pouvoir présidentiel.Watergate et la chute de Nixon
La démission de Nixon en 1974 résulte du scandale du Watergate, qui impliquait des écoutes téléphoniques illégales, une entrave à la justice et un abus de pouvoir. Ce scandale a conduit à de vastes réformes restreignant l'autorité présidentielle, notamment des limites au privilège de l'exécutif et la création d'organes d'enquête indépendants. Ces réformes sont aujourd'hui la cible de certains conservateurs qui souhaitent les démanteler.Les politiques étrangères controversées de Nixon
La présidence de Nixon a également été marquée par des actions extérieures controversées, notamment son soutien au coup d'État militaire contre le président chilien Salvador Allende en 1973, et son appui à la dictature d'Alfredo Stroessner au Paraguay. Par ailleurs, sa décision d'accroître la présence militaire américaine au Vietnam, portant les effectifs à plus de 550 000 soldats en 1969, reste un point de controverse dans les évaluations historiques de son action.