Emmanuel Macron s’apprête à quitter le palais de l’Élysée, résidence officielle du président de la République française, en mai de l’année prochaine, après dix ans à la tête de l’État. Sa présidence a été marquée par un mélange d’engagements écologiques et de compromis. Parmi ses décisions les plus notables figurent l’abandon du projet controversé d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes et la finalisation de l’autoroute A69. Bien qu’il ait promis initialement de supprimer le glyphosate, un herbicide largement utilisé, dans un délai de trois ans, cette substance reste autorisée en France. Macron a également tenu une promesse faite par son prédécesseur, François Hollande, en fermant la centrale nucléaire de Fessenheim, avant de se tourner vers la relance du nucléaire en France, en proposant de prolonger la durée de vie des réacteurs existants et d’en construire de nouveaux. Plusieurs politiques environnementales ont été mises en place sous sa présidence. La « loi Hulot » a interdit l’exploration des hydrocarbures et fixé l’objectif de mettre fin aux concessions pétrolières et gazières d’ici 2040. Il a également lancé la Convention citoyenne pour le climat, qui a proposé 149 mesures pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Cependant, la loi « Climat et Résilience » qui a suivi n’en a retenu que 24, ce qui a suscité des critiques de la part des associations environnementales. Une autre initiative, le plan « Un milliard d’arbres », visait à augmenter la couverture forestière de la France, mais a été critiqué pour son recours à des plantations en monoculture, néfastes pour la biodiversité. Les tensions sociales, notamment avec le mouvement des Gilets jaunes, ont illustré les tensions entre les politiques environnementales et les préoccupations économiques. Face aux manifestations, Macron a temporairement suspendu la taxe carbone. La manifestation de Sainte-Soline en 2023 contre un grand projet de réservoir d’eau a conduit à la criminalisation de certaines pratiques d’activisme environnemental, entraînant la dissolution du mouvement Les Soulèvements de la Terre. En 2024, les protestations agricoles contre les réglementations et les accords commerciaux ont contraint le gouvernement à assouplir certaines règles environnementales, dont la suspension du plan Ecophyto, qui visait à réduire l’usage des pesticides. La loi Duplomb de 2025 a réintroduit plusieurs pesticides précédemment interdits, suscitant une opposition massive et déclenchant une pétition recueillant plus de 2 millions de signatures. En réponse à l’attaque des États-Unis contre l’Iran en 2026, le gouvernement a lancé un plan d’électrification sans nouveau financement, sans pour autant s’attaquer aux superprofits des entreprises. La même année, l’administration Macron a aboli les zones à faibles émissions (ZFE), signe d’un affaiblissement de son contrôle politique. L’été 2026 a été marqué par des vagues de chaleur et des sécheresses record, entraînant plus de 8 000 décès en excès et des incendies dévastateurs, ce qui a accru les appels à une accélération des mesures d’adaptation au changement climatique.