Marion Maréchal, femme politique française connue pour ses positions conservatrices, est revenue au Rassemblement National (RN), un parti d’extrême droite en France. Elle avait quitté le parti il y a quatre ans pour soutenir Éric Zemmour, une figure conservatrice majeure, mais semble désormais s’être rapprochée à nouveau du RN. Malgré son retour, elle ne détient pas de poste officiel dans la campagne de Marine Le Pen, qui se concentre actuellement sur l’élection présidentielle à venir. Le RN insiste sur le fait que la direction du parti, assurée par Marine Le Pen et Jordan Bardella, reste inchangée. Cependant, des médias rapportent que son retour a créé des tensions au sein du parti, notamment en raison d’une récente polémique autour d’une exposition sur l’avortement. Sur la chaîne de télévision CNews, Maréchal, qui est également députée européenne, a déclaré qu’elle participerait à la campagne sans chercher de titre officiel. Cette approche lui permet de garder une visibilité sans être directement impliquée dans les opérations de campagne. Le RN a tenté de minimiser l’importance de son retour, le député Sébastien Chenu déclarant au journal 20 Minutes que « Pour l’instant, Mme Maréchal ne part pas, ne revient pas ». Il a souligné qu’elle serait l’un des plusieurs alliés soutenant la campagne, avec ses propres contributions. Il a également réaffirmé que le duo de tête de la campagne reste « Marine-Jordan », et que Maréchal n’est même pas membre officielle du RN. Malgré les déclarations officielles d’unité, des médias évoquent une situation plus complexe en coulisses. Selon Libération, Jordan Bardella aurait déclaré lors d’une réunion fin août : « C’est elle ou moi », suggérant un conflit interne. Marine Le Pen, de son côté, aurait envisagé de remettre sa nièce en lumière. Bardella a démenti tout conflit, affirmant qu’il soutiendrait la candidate « à 2 000 % ». Le Monde décrit une atmosphère tendue lors d’une réunion où le nom de Maréchal a été évoqué, notant que la salle s’est tue. Un événement public prévu pour marquer son retour, initialement prévu en septembre, a été reporté. Un soutien de Maréchal a commenté dans un journal : « On est loin d’un grand retour. » L’influence politique de Maréchal est indéniable, car elle incarne une position clivante mais efficace qui séduit certains électeurs. Chenu a reconnu qu’elle s’adresse à des personnes « plus libérales et plus conservatrices que nous », et que son retour pourrait aider à élargir le soutien à Marine Le Pen au second tour sans modifier le programme central du parti. Edwige Diaz, autre députée du RN, a souligné que l’objectif est d’obtenir une majorité aux élections, déclarant : « Quand on veut gouverner, il faut 50 % des voix plus une. » La stratégie du parti semble être de laisser Bardella se concentrer sur les affaires internes, Maréchal sur les questions sociétales, et Marine Le Pen en tant que figure centrale. Le 15 septembre, Maréchal a assisté à l’inauguration d’une exposition organisée par Pro Vita & Famiglia, une organisation italienne opposée à l’avortement. Bardella a commenté : « Ça vous surprend ? Moi, non », une remarque qui ne semblait pas indiquer un accueil chaleureux. Chenu a noté que Maréchal est « plus conservatrice, sur le plan sociétal », mais a précisé qu’elle n’a aucune influence sur la ligne politique du parti. Reconquête, le parti que Maréchal a quitté après les élections européennes de 2024, n’a pas commenté son retour, mais a lancé une pique : « Si Marion Maréchal rapporte au RN autant qu’elle a rapporté à Reconquête, alors nous n’avons rien à craindre. » Le RN continue de présenter Maréchal comme une alliée externe, utilisant une analogie sportive pour décrire son rôle : « Il y a une équipe qui joue, et dans la tribune, il y a des supporters. » Maréchal est revenue dans les gradins, mais combien de temps elle y restera reste à voir.