Arthur Sarradin remporte le prix Albert-Londres du livre pour son récit poignant des camps de concentration syriens, rejoignant d'autres journalistes récompensés pour des reportages percutants.
Le prix Albert-Londres décerné à un jeune journaliste
Arthur Sarradin, journaliste de 26 ans, a reçu le 10e prix Albert-Londres du livre pour son ouvrage Le Nom des ombres. Sortir de l'enfer concentrationnaire syrien (Seuil). La cérémonie s'est déroulée au Théâtre de la Concorde, à Paris, et était présidée par Hervé Brusini.Un livre fondé sur les témoignages de rescapés des prisons syriennes
Le livre de Sarradin examine le vécu des survivants des prisons du régime de Bachar al-Assad. Le travail s'appuie sur une enquête menée le lendemain de la chute de Bachar al-Assad, le 8 décembre 2024, au moment où les prisons syriennes ont ouvert leurs portes et où les survivants ont pu, pour la première fois, raconter leur histoire.Le jury salue la qualité du récit de Sarradin
Le jury du prix Albert-Londres a salué la qualité de l'écriture et de la narration de Sarradin. Il a comparé son travail à celui d'auteurs reconnus tels que Svetlana Alexievitch, Alexandre Soljenitsyne et Primo Levi, en soulignant sa profondeur émotionnelle et historique.Un livre qui reconstitue le système répressif syrien
Le livre explore le système carcéral mis en place par la famille Assad pendant près d'un demi-siècle. Il reconstitue les mécanismes de répression à partir de témoignages de survivants et de documents issus d'archives abandonnées.Parcours de Sarradin et reconnaissances antérieures
Sarradin est correspondant basé à Beyrouth et diplômé de l'Université Saint-Joseph. Il collabore avec Libération, Radio France, TF1/LCI et Paris Match. Il avait déjà été finaliste du prix Albert-Londres et a remporté le prix du journalisme littéraire en 2026 pour ce même ouvrage.Compétition et détails du prix
Pour cette dixième édition du prix Albert-Londres, 26 œuvres ont été soumises, dont cinq ont été retenues en septembre. Sarradin était en lice avec quatre autres journalistes et succède à Elena Volochine, lauréate en 2025 pour son travail sur la propagande russe. Bruno Meyerfeld et Brice Lambert ont également été récompensés.Le lauréat du prix Albert-Londres de la presse écrite
Bruno Meyerfeld, 35 ans, a remporté la 88e édition du prix Albert-Londres de la presse écrite pour ses reportages dans Le Monde sur les peuples autochtones du Brésil. Correspondant du quotidien au Brésil de 2019 au début de 2026, Meyerfeld a documenté les menaces qui pèsent sur les peuples piripkura, guarani-kaiowá et yanomami.Droits des peuples autochtones et destruction de l'environnement
Le travail de Meyerfeld met en lumière des problématiques telles que l'accaparement des terres, la déforestation, l'orpaillage illégal et la violence à l'encontre des communautés autochtones. Ses reportages se sont concentrés sur la destruction de leurs milieux de vie et sur l'érosion de leurs modes de vie traditionnels.Les travaux antérieurs de Meyerfeld sur le Brésil
Meyerfeld est également l'auteur de Cauchemar brésilien (Grasset, 2022), qui examine les années de présidence de Jair Bolsonaro et leur impact sur le Brésil.Un prix audiovisuel pour un documentaire sur les droits des femmes
Brice Lambert, 40 ans, a remporté la 42e édition du prix Albert-Londres audiovisuel pour son documentaire Sexe faible, l'Amérique en guerre contre ses femmes, produit par StudioFact Presse & Docs et diffusé sur Arte.Un documentaire sur les restrictions des droits des femmes
Le film de Lambert examine le recul des droits des femmes dans le sud des États-Unis, en mettant l'accent sur les restrictions d'accès à l'avortement, les mariages précoces et le système pénal. Il donne la parole à des femmes incarcérées pour des violences commises par leur conjoint, dans les cas où la justice les tient responsables de ne pas avoir protégé leurs enfants.Le jury compare le film à La Servante écarlate
Le jury a comparé le documentaire de Lambert à La Servante écarlate, le roman dystopique de Margaret Atwood, afin de souligner les effets du nationalisme chrétien et des politiques conservatrices sur les droits des femmes américaines.